Cyrille Maret : « Je veux aller chercher un titre »

À 30 ans, Cyrille Maret a remporté le Grand Slam d’Abu Dhabi en octobre dernier. Plus motivé et ambitieux que jamais, le médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Rio a encore faim de victoires. Entretien…

 

Cyril, on imagine que vous devez être satisfait après votre victoire au Grand Slam d’Abu Dhabi il y a quelques semaines…

Oui, c’est sûr. C’était mon objectif de début de saison avant les Championnats du Monde à Marrakech. Pour bien les préparer et comme Teddy était parti sur le Grand Prix de Croatie en début de saison, j’ai décidé de m’engager sur une compétition en lourd. Comme il y a eu la possibilité de faire ce Grand Slam d’Abu Dhabi, j’y suis allé et j’ai eu de très bonnes sensations. Pour moi, c’est très intéressant de gagner dans une compétition comme celle-là, et notamment dans cette catégorie.

Quelles seront vos prochaines échéances ?

Je vais disputer les Masters les 16 et 17 décembre en Russie, à Saint-Pétersbourg. C’est une compétition qui a été rajoutée sur la fin, mais qui sera très importante puisque les seize meilleurs de chaque catégorie seront présents.

Avec quels objectifs ?

Déjà, je vais redescendre en moins de 100 kilos. Ce sera important d’être performant puisque je retourne dans ma catégorie. Aujourd’hui, je veux éviter de faire trop de descentes au poids, d’autant qu’il faudra que je sois performant dans ce domaine en vue des Jeux olympiques de Tokyo. Je vais donner mon maximum pour faire de belles performances.

Vous aurez ensuite une petite période de repos ?

Oui, bien-sûr. Déjà, il va y avoir les fêtes de Noël où je vais un petit peu relâcher. Et ensuite, il faudra repartir au charbon dès janvier puisque le Tournoi de Paris va arriver très vite. Savoir prendre un peu de recul et se relâcher fait partie de la performance. Un athlète doit pouvoir savourer et profiter des moments en famille. Après, c’est clair qu’il faut faire attention à ce que l’on va faire, à ce que l’on va manger.  Il faut trouver un juste milieu, mais tout en gardant ce cap de savoir pourquoi on est là et pourquoi on fait tous ces efforts.

La préparation mentale fait-elle justement partie de cette réflexion ?

Avant les Jeux olympiques, je n’y voyais pas trop d’utilité. Maintenant, je travaille avec quelqu’un car j’ai fait le choix, quatre ou cinq mois avant les JO, de mettre toutes les chances de mon côté et de ne rien laisser au hasard. Je dois admettre que cette préparation mentale a porté ses fruits. Même si on s’est un peu moins vu après cette échéance, entre les Championnats du Monde qui vont arriver cet été et les Jeux olympiques, je vais bien me replonger dedans. Encore une fois, je veux mettre toutes les chances de mon côté pour faire de grosses performances. C’est un travail qui ne se faisait pas forcément auparavant mais qui est devenu très important depuis quelques années. Le sport de haut-niveau a tellement évolué que c’est le sens de l’histoire. La concurrence est tellement forte qu’il faut aller chercher le petit quelque chose qui fera la différence.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Dans un premier temps, ce sera d’être performant sur mes sorties. Si je suis toujours sur le tapis à 30 ans à m’entraîner deux fois par jour alors que je viens d’avoir une petite fille, c’est parce que je veux aller chercher un titre. Je veux être champion dans ma discipline, je ne veux pas partir du judo sans avoir écrit une page de l’histoire de mon sport. Marquer mon nom dans cette histoire, ce serait une grande fierté et une reconnaissance de tous mes efforts.

Votre motivation est encore bien présente…

Oui, totalement. Je n’ai pas l’intention de me mentir. Si je suis encore là, c’est que j’ai envie et que j’ai des objectifs précis. Le jour où ce ne sera plus le cas, ce sera le temps de partir. Mais jusqu’à aujourd’hui, je prends beaucoup de plaisir donc j’espère que ça durera encore le plus longtemps possible.

Propos recueillis par Bérenger Tournier

 

Crédit photo : Anthony Dibon/Icon Sport
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