Guillaume Kerner : « Un message de tolérance »

Après une première édition très réussie, le Kerner Thaï sera de retour le 6 janvier prochain au Stade de Coubertin. Entretien avec Guillaume Kerner, l’immense champion de boxe thaïlandaise dans les années 1990 et organisateur de l’événement…

 

Guillaume Kerner, la deuxième édition du Kerner Thaï est bientôt de retour…

Exactement. On aura la chance d’organiser cet événement à Coubertin, dans un lieu très particulier. Coubertin, c’est un joyau à la configuration magnifique. Peu importe où l’on se trouve dans la salle, on a une très belle vision des boxeurs. En plus, cette deuxième édition sera une grosse production avec l’investissement de l’Équipe 21. Enfin, le plateau sera très relevé. Les meilleurs boxeurs et combattants internationaux seront réunis sur l’événement, et notamment deux immenses champions de Thaïlande.

Un tel événement compte beaucoup dans le développement de la discipline…

Oui, la boxe thaïlandaise est un sport très populaire mais encore sous représenté. Si l’on fait un micro trottoir, elle arrivera juste derrière les quatre ou cinq grosses disciplines majeures que sont le football, le basket, etc. C’est un diamant mal taillé que j’essaye de sortir de l’ombre. D’où l’intérêt de réunir ces grands champions dans une salle comme Coubertin et avec la diffusion sur une chaîne gratuite.

Nong Rose, le célèbre combattant transgenre, affrontera notamment le Champion de France, Akram Hamidi. Que pensez-vous de ce combat ?

C’est une première qui suscite un engouement assez incroyable. Nong Rose cartonne en ce moment dans sa catégorie, c’est une chance que l’on ait pu monter ce combat. Cette première aurait eu moins de retentissement si c’était un transgenre qui excellait dans le badminton ou dans du volley-ball par exemple. Le fait que Nong Rose vienne au Kerner Thaï, c’est juste incroyable.

Qu’espérez-vous de cette deuxième édition du Kerner Thaï ?

J’espère que ce sera le début d’une longue série d’organisations futures et que les médias continueront à nous suivre. Ce sont des sports très populaires auprès de la jeunesse et qui ont tous les ingrédients du spectacle. Et puis j’espère sincèrement que la venue de Nong Rose pourra faire changer certaines mentalités. Ce n’est pas qu’un coup marketing. Personnellement, j’ai eu une carrière importante, je suis le premier boxeur français à avoir battu les Thaïlandais. Quand j’allais là-bas, c’était moi l’étranger, l’inconnu, la bizarrerie même. J’étais le premier à faire ça, je n’oublierai jamais la tolérance et l’ouverture d’esprit dont les Thaïlandais ont su faire preuve. À un moment donné, quand vous maîtrisez une discipline, un art, tout est transcendé. Il n’y a plus de couleur, de sexe ou d’origine. Dans sa vie privée, Nong Rose a décidé de faire ce choix, il est heureux comme ça. Est-ce que cela nous regarde ? Je ne crois pas. Sous prétexte qu’il est différent, faudrait-il le priver de faire ce qu’il sait faire dans un domaine qui excelle ? Je suis très heureux que ce message de tolérance se retrouve dans la boxe thaïlandaise, qui est parfois considéré comme un sport un peu primaire.

Propos recueillis par Bérenger Tournier

 

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