SPORTMAG.fr

Charlotte Consorti : « Repousser les limites »

DR

Triple championne du monde de vitesse, Charlotte Consorti a marqué l’histoire du kitesurf français.  À 39 ans, la détentrice du record du monde de vitesse s’est confié pour SPORTMAG sur son parcours, ses ambitions ou encore le développement de la discipline en France. Entretien…

 

Charlotte Consorti, vous avez fait il y a quelques jours une tentative de record de vitesse. Qu’en retenez-vous ?

Cette tentative a été prévue un peu au dernier moment. Normalement, il y a un cycle de préparation et d’entraînement assez long, de plusieurs mois. C’est notamment beaucoup de préparation physique pour être à 100% le jour J. Là, je n’ai été prévenue que deux semaines avant et malheureusement, je n’étais pas prête physiquement. Mais comme j’ai eu la chance de pouvoir le faire, j’ai tenté le coup.

Avec du recul, quel est le plus beau souvenir de votre carrière ?

Mon record, c’est le moment le plus fort. Repousser les limites, c’est ce que je préfère dans ma discipline.

La dimension mentale doit y être très importante. Comment vous positionnez-vous par rapport à cet aspect ?

Comme nous sommes passés de la Fédération de Vol Libre à la Fédération de Voile, on a eu une année assez compliquée. Du coup, je n’ai pas vraiment pu faire de préparation mentale. La Fédération a récupéré le kitesurf mais sans avoir le budget derrière. Mais c’est clair que la préparation mentale a beaucoup d’importance. J’ai récemment passé mon diplôme d’entraîneur, j’ai eu la chance de faire une formation sur ce domaine lorsque j’entraînais l’équipe de vitesse. C’était très intéressant. Après, pour ce qui est de l’importance de cette préparation, je pense que cela dépend des sportifs, certains en auront besoin et d’autres non. Cela dépend également du préparateur mental, qui pourra convenir à certains et pas à d’autres. Il y a plein de méthodes différentes.

Que pensez-vous de la situation du kitesurf en France ?

Je pense que l’on atteint un pic, et je ne sais pas quand il s’arrêtera. En ce moment, le foil est très à la mode, peut-être même que ce sera lui qui sera aux JO. Le matériel évolue tout le temps, les gens sont de plus en plus nombreux à pratiquer, c’est très positif. C’est beaucoup plus simple d’apprendre avec nos équipements actuels. Et puis il y a de plus en plus d’écoles. Plus il y aura de formations de qualité, mieux ce sera pour la discipline. Le diplôme d’entraîneur a été mis en place il y a trois ans, les choses évoluent.

En 2017, peut-on vivre du kitesurf ?

En France, c’est encore compliqué, nous sommes très peu nombreux. C’est différent dans d’autres pays, où les sportifs sont beaucoup plus aidés.

Que pensez-vous du kitesurf comme sport olympique ?

Il y aura du positif et du négatif. Le problème que l’on pourra avoir, c’est que si l’on privilégie une discipline, les autres seront délaissées et pourraient vraiment en souffrir.

Un mot également sur votre partenariat avec Isuzu…

Franchement, c’est vraiment très important pour moi, ça dure depuis cinq ans maintenant. J’aime avoir des partenaires avec qui l’engagement dure sur le long terme. C’est le cas avec Isuzu puisque nous sommes très proches. En plus, le pick-up d’Isuzu m’est devenu vraiment indispensable, il n’y a rien de mieux. Nous sommes toujours en contact avec la marque. J’ai même été visiter l’usine en Italie, c’est un vrai partenariat, et pas seulement quelque chose de façade.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Que ça dure le plus longtemps possible ! J’ai toujours la même envie d’aller de plus en plus vite et de briller lors des compétitions.

Propos recueillis par Bérenger Tournier

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *