Aviron – Laura Tarantola : « L’objectif, c’est de gagner ! »

La pétillante rameuse grenobloise de 26 ans, tout juste désignée athlète du mois par la fédération internationale d’aviron, nourrit de fortes ambitions pour les Championnats d’Europe qu’elle dispute ce week-end en deux de couple poids léger avec Claire Bové.

 

Comment avez-vous réagi en apprenant que vous aviez été élue athlète du mois par la fédération internationale d’aviron ?

C’est la personne chargée de la communication de la FISA qui me l’a appris et j’étais en même temps bien surprise et hyper contente. C’est un truc auquel je ne pensais pas. C’est cool ! Je trouve ça stylé d’avoir son nom sur le site de worldrowing.com (rires). Ce titre est symbolique et honorifique mais ça me rend super fière, c’est gratifiant. C’est quelque chose de reconnu dans le milieu de l’aviron, on est nombreux à lire l’interview de l’athlète tous les mois quand ça sort. Et puis, voir un athlète français titré, c’est rare. Je crois que le dernier, c’était Matthieu Androdias il y a quelques mois (en mars 2019). J’ai été félicitée par mon entourage et d’autres athlètes de mon club et de l’équipe de France.

 

Vous en avez profité pour adresser, via votre compte Instagram, un petit message personnel à Martin Fourcade !

(rires) Oui pour rigoler, je l’ai tagué sur ma publication et je lui ai proposé de venir essayer l’aviron un de ces jours. Il n’habite pas loin de Grenoble (il est dans le Vercors), alors pourquoi pas ? Martin est le sportif que j’admire le plus, j’ai énormément suivi le biathlon et plus particulièrement ses performances ces dernières années. Je n’ai jamais pratiqué ce sport mais on fait souvent du skating l’hiver pour se préparer. Bon, pour le moment, il ne m’a pas répondu… (rires)

 

Qu’est-ce qui a joué aux yeux du jury, selon vous, pour vous désigner meilleure rameuse de septembre ?

Ce n’est pas lié à mes performances car je n’ai rien accompli de particulier ce mois-là mais je pense que c’est surtout dû à l’enchaînement de mes titres depuis deux ans : il y a eu le titre de championne du monde en skiff poids léger et notre médaille d’argent en deux de couple poids léger avec Claire (Bové) l’an dernier aux championnats d’Europe. On retrouve cette compétition ce week-end, à Poznan (Pologne). Les séries de qualification ont lieu vendredi, les demi-finales samedi et la finale samedi matin.

 

Avec quelles ambitions ?

L’objectif, c’est de gagner ! (rires) Cela ferait vraiment plaisir de revenir avec une breloque dans cette année compliquée. Cela nous permettrait de voir qu’on est dans le bon wagon car le niveau pour ces Championnats d’Europe va être énorme. L’an dernier lors des Mondiaux, sur les six premiers bateaux, cinq étaient européens. On avait fini cinquièmes… et deuxièmes aux Championnats d’Europe derrière les Biélorusses. Ce ne seront pas nos seules rivales : il y a aura aussi les Roumaines et les Hollandaises même si les Anglaises ne viennent pas. Notre force sur 2000 m, c’est qu’on peut être très fortes sur les 1000 m du milieu. On arrive à imprimer un rythme et à être régulières, c’est ce qu’on appelle le train. À l’inverse, notre faiblesse, c’est la fin de parcours, mais on l’a bien bossé, on va voir ce que ça peut donner en compétition.

 

 

Avec en ligne de mire, forcément, les Jeux olympiques pour lesquels vous êtes déjà qualifiées…

Oui, il reste quand même un point d’interrogation sur ces JO de Tokyo par rapport à la crise sanitaire : est-ce qu’ils auront lieu ou pas ? Personnellement, je ne me pose pas de questions et je reste concentrée sur les objectifs. On sait qu’on est qualifiées et ça, c’est un gros poids en moins car ce n’est pas le cas pour tout le monde : il reste 2 places et les Canadiennes, les Sud-Africaines, les Polonaises, les Suisses, les Allemandes ou encore les Américaines ne sont pas encore qualifiées. Nous, on a la date des prochains JO, on sait que, s’ils se tiennent, ce ne sera sans doute pas le même engouement populaire que d’habitude, mais on y sera et dans la tête c’est toujours mieux de savoir cela.

 

Comment avez-vous commencé l’aviron ?

Je suis née à Annemasse mais j’ai toujours vécu à Grenoble. C’est une copine du collège qui m’a emmenée à une journée d’essai au club de l’Aviron grenoblois. J’avais 14 ans et je n’avais pas encore trouvé mon sport à ce moment-là. J’ai tout de suite aimé naviguer sur l’Isère, dans un cadre privilégié, entre les montagnes. C’est super beau. Petit à petit, je me suis prise au jeu pour les entraînements, puis les compétitions… et je n’ai jamais quitté l’Aviron grenoblois. Aujourd’hui, je m’entraîne 11 fois par semaine. Cela peut paraître répétitif mais le côté extérieur permet de s’aérer la tête même s’il y a des périodes plus compliquées que d’autres, notamment l’hiver quand il fait froid. Et puis, il y a un vrai travail d’équipe et de cohésion en bateau. Il faut être hyper ensemble dans le geste, au millimètre près. C’est très grisant. Personnellement, je ne rêvais pas des JO dès l’âge de 14 ans, ni durant les années qui ont suivi. Ce n’était pas du tout un objectif de vie. Il n’y a que depuis 3 ans que j’y pense. C’est venu avec les résultats. On est en stage avec l’équipe de France 2 à 3 semaines par mois. J’occupe aussi un emploi à la SNCF de chargée de projets en qualité de vie au travail via la pratique du sport. J’ai intégré le dispositif en décembre 2019.

Propos recueillis par Sylvain Lartaud
Crédit photo : FFA - Daniel Blin
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