Quand montagne en été rime avec sport santé

La randonnée, l’escalade ou encore l’alpinisme sont autant d’activités physiques praticables en montagne durant l’été dans un cadre apaisant. Tour d’horizon de ces disciplines encouragées dans le cadre du sport santé avec la Fédération française des clubs alpins et de montagne.

 
Quand on pense à la montagne, on l’associe souvent à l’hiver et à la neige. Pourtant, l’été aussi les massifs sont un terrain de jeu avantageux pour de nombreuses activités physiques comme « la randonnée pédestre, l’escalade, l’alpinisme, le trail », énumère Nicolas Raynaud, président de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM). « Des activités qui collent très bien au sport santé. » Créé le 2 avril 1874, le Club alpin français (CAF) est devenu une fédération sportive en 1996, et elle compte aujourd’hui près de 100 000 licenciés répartis dans plus de 400 clubs. La FFCAM gère également un réseau de 120 refuges pour assurer l’hébergement lors d’une sortie en montagne. « Depuis le début, le CAF se consacre à la connaissance et à la pratique en montagne durant les quatre saisons », ajoute Nicolas Raynaud. « Toutes les tranches d’âge sont représentées chez nos licenciés, jeunes, personnes âgées. Année après année, on voit énormément de familles avec des enfants, surtout l’été. »
 

Des activités endurantes

 
En été aussi, les massifs offrent la possibilité de pratiquer une activité physique bonne pour la santé. « Les sports de montagne sont souvent des activités relativement endurantes et accessibles à tous », souligne le président de la FFCAM. « Les personnes du troisième, voire du quatrième âge, peuvent pratiquer la randonnée, excellente pour le côté cardiaque. » Isabelle Philippe, présidente du Club alpin français (CAF) d’Annemasse en Haute-Savoie, qui compte 850 adhérents et 37 encadrants bénévoles, constate que « les activités en montagne sont de plus en plus bénéfiques pour la santé. Les randonnées pédestres sont adaptées aux différents niveaux. Certaines sont plus compliquées pour les plus jeunes qui recherchent la performance, mais d’autres plus douces pour des personnes plus âgées qui veulent juste conserver la forme. L’alpinisme et l’escalade entrent aussi dans un registre de bien-être global. Nous proposons aussi des cours de yoga, qui réunissent toutes les générations autour du côté spirituel, de l’esprit de la montagne. » Et les sports d’été assurent une continuité. « Les adhérents gardent un équilibre à l’année », relève Isabelle Philippe. « Habituellement, une personne qui pratique des raquettes en hiver fait de la randonnée pédestre pendant l’été. C’est un entretien musculaire général. » Cependant, il ne faut pas oublier que la montagne comprend son lot de risques. « Il faut amener les gens à réaliser les bienfaits de ces activités sur le corps tout en étant conscients des risques que l’on peut prendre », précise Isabelle Philippe. « Le but est faire de la prévention pour éviter que les gens se fassent mal, par exemple d’aider les pratiquants à arriver à une meilleure condition physique avant d’attaquer l’alpinisme. » La FFCAM accompagne ses clubs en communiquant des recommandations et des incitations à la prudence.
 

 

« La montagne, une thérapie incroyable »

 
En plus de sorties dans les Pyrénées le week-end, le CAF de Toulouse organise des camps de randonnée, d’escalade et d’alpinisme sur des durées de sept à quinze jours sur la période entre le 14 juillet et le 15 août. « Ils se déroulent le plus souvent dans les Alpes », précise Bruno Serraz, le président du club aux 2 500 licenciés de 5 à 101 ans. Un dépaysement voulu pour agir sur le bien-être des participants. « Ces camps permettent de sortir du milieu familial, d’apporter un changement par rapport aux activités de l’été dans un nouveau cadre. Dans un camping ou un gîte, ils socialisent, apprennent la vie en collectivité. Ils sont une centaine de personnes à participer. Le camp de randonnée est celui qui marche le mieux. On retrouve toutes les tranches d’âge, même si les participants au camp d’alpinisme et d’escalade sont plus jeunes. » Isabelle Philippe reconnaît également les bienfaits des sports de montagne sur le moral des participants. « Garder des liens sociaux est très important », relève-t-elle. « Pour une personne plus forcément toute jeune, faire une randonnée pédestre, c’est se faire du bien physiquement et mentalement. » « La montagne apporte une thérapie incroyable », affirme Nicolas Raynaud. « La nature extrêmement variée, le partage des paysages, se lier avec le groupe, tout cela apporte un bien-être psychique. Il y a quelque chose de spirituel dans l’élévation. La montagne est belle, mais quand on arrive à un sommet elle devient sublime. »
 

Un retour avec plus de règles

 
Avant le début de l’été, en mai et juin, la FFCAM prévoyait des manifestations et des événements, dont le plus gros devait réunir 500 personnes à Chamonix, pour promouvoir ces sports. Tous ont été annulés à cause de la crise sanitaire et afin de lutter contre la pandémie de Covid-19. « On ne sait pas si on pourra organiser nos camps », confie Bruno Serraz. « Rien n’est annulé, mais rien n’est confirmé. Cela dépend de l’autorisation ou non à faire du camping, et des mesures de distanciation sociale. Nous faisons attention à ce qui se décide de jour en jour. » Ce contexte de restrictions fait craindre à Isabelle Philippe « un été compliqué, en particulier pour l’escalade et l’alpinisme. En revanche, il est vrai que la randonnée peut être pratiquée sans trop de contraintes. La situation nous amène à nous réinventer pour trouver des activités qui restent dans un cadre sanitaire. » Au CAF d’Annemasse, des créneaux de yoga ont pu se dérouler en visioconférence et la présidente aimerait voir l’activité perdurer en ce mois de juin. « Peut-être faire des regroupements de quelques personnes en profitant des randonnées », avance-t-elle également. « On peut aller en montagne, reprendre la marche avec des limitations, les gestes barrières et la distanciation sociale », rappelle Nicolas Raynaud. « Cependant, nous préconisons une reprise progressive de l’activité, à la journée. » La règle qui interdit actuellement aux Français de se déplacer à plus de 100 km à vol d’oiseau de leur domicile n’inquiète pas le président de la FFCAM. « La majorité des licenciés vivent proche des montagnes, donc ils ne seront pas beaucoup impactés par cette limitation. Sur 100 000 licenciés, 40 000 vivent en région Rhône-Alpes et à 100 km à vol d’oiseau de Grenoble, on va dans beaucoup de massifs. Les autres adhérents sont majoritairement situés en Nouvelle-Aquitaine, dans la Région Sud, en Occitanie et même dans les Vosges et le Jura. » En revanche, la fréquentation des refuges a chuté de 15 à 20% et la FFCAM n’est pas sûre de les rouvrir cet été. « Nous sommes en train de mettre en place différents scénarii avec les préfets pour faire respecter les règles de distanciation sociale dans les espaces collectifs, comme aménager les couchettes dans les dortoirs », souligne le président. Les clubs ont déjà adhéré à la FFCAM pour cette année 2020 et Nicolas Raynaud encourage les licenciés qui avaient prévu des activités en montagne pendant l’été à conserver leurs plans : « Après une période compliquée, comme celle du confinement, la montagne peut permettre aux gens de retrouver le calme. »
 

Leslie Mucret
Crédit photo : Thibaut Blais - FFCAM Collection (photo d'illustration)
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