Escalade – Claude Chemelle : « Une forme d’instrumentalisation »

La liste CAP24FFME, candidate à l’élection de la présidence de la FFME, a répondu par une lettre aux interrogations de 35 athlètes de haut niveau adressées par le biais d’une lettre ouverte à la fédération.

 

Suite à la diffusion d’une lettre ouverte par un collectif d’athlète de haut niveau de la fédération française de la montagne et de l’escalade mais aussi en réponse à notre interview de Manu Cornu, un des 35 signataires, la liste CAP24FFME qui se présente ce week-end à l’élection du nouveau président de la FFME nous a contacté pour obtenir un droit de réponse. Entretien avec Claude Chemelle, tête de liste.

 

Pourquoi avoir décidé de répondre à la lettre ouverte adressée à la fédération par un collectif de 35 sportifs de haut niveau ?

 

C’est l’occasion de préciser nos projets en termes de haut niveau même si nous les avions développés sur notre site internet. Compte tenu des résultats actuels en escalade, alors que la France dominait la scène internationale il y a encore quelques années, nous ne jouons plus les premiers rôles. Il faut repenser le haut niveau à la fédération et cela passe par des mesures fortes comme le remplacement du directeur technique national qui est en place depuis 22 ans. On pense qu’il y a une usure liée au fait que notre système n’a pas évolué et su réagir quand on a vu que nos performances étaient moins bonnes que par le passé. On veut aussi dire que la situation actuelle des athlètes n’est pas idéale. On comprend qu’ils ont peur de changer mais on a beaucoup de retours d’athlètes et d’entraîneurs qui nous remontent des problèmes.

On a eu du mal à comprendre cette lettre ouverte qui expliquait que la fédération est merveilleuse et qu’il ne faut surtout rien changer. Les choses sont plus compliquées que ça. On se fait l’écho des athlètes qui se plaignent de leur prise en charge. La troisième raison qui nous a poussé à réagir est une volonté de rééquilibrage entre la place du loisir et de la compétition. A la FFME, on a une particularité : sur 110 000 licenciés en 2019, entre 6 et 10% font de la compétition. On trouve que la fédération met énormément de moyens sur la compétition et peut être pas assez sur le loisir.

 

Selon votre budget prévisionnel dévoilé dans la lettre de réponse, on parle d’une baisse d’environ deux points du budget consacré à la partie sport et performance (31,6% contre 33,8% en 2020)…

 

Il n’y a pas de rupture brutale. Il y a une évolution qu’on veut maîtriser. On veut envoyer des signes, faire bouger les lignes mais le faire progressivement. Si on réorganise correctement le haut niveau avec un nouveau DTN qui va proposer des nouvelles méthodes et la remise en mouvement d’un certain nombre de cadres techniques, on pourra faire aussi bien sinon mieux dans un nouveau cadre avec des moyens légèrement en baisse. Ce courrier de réponse avait cette volonté pédagogique d’expliquer le sens de notre projet.

 

Une lettre ouverte de la part de 35 athlètes n’est pas un geste anodin. Cela soulève bien des inquiétudes réelles de la part de certains…

 

Que les gens s’inquiètent de l’avenir de leur fédération, c’est très bien. On pense qu’il y a une forme d’instrumentalisation, de manipulation. Mais peu importe. Ce matin, j’ai eu au téléphone un président de comité territorial de la FFME qui me disait : « Cela fait 20 ans que les 90% de licenciés de la fédération qui représentent la pratique en loisirs auraient dû écrire une lettre ouverte pour se plaindre. » Les gens qui ont écrit cette lettre ont un pouvoir médiatique. La masse des licenciés qui trouvent qu’on ne fait pas grand-chose pour eux n’ont pas fait de lettre ouverte.

Propos recueillis par Loïc Feltrin
Crédit photos : DR et
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