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Une championne qui s’est construite

Ce n’était pas une championne programmée. Pourtant, Émilie Andéol est championne olympique, championne d’Europe et multiple championne de France. Il ne lui manque plus que l’or mondial pour compléter un palmarès d’exception. Entre sensibilité et surpassement de soi, la judokate arbore un parcours atypique.

Elle n’était plus montée sur le tapis en compétition officielle depuis son sacre aux Jeux Olympiques de Rio, l’année dernière. Avant de retrouver son public au Paris Grand Slam en février, Émilie Andéol insiste pour se rendre à l’Open de Bulgarie afin de se refaire la main. À Sofia, la judokate de 29 ans s’impose sans ciller, alors qu’elle est loin de son meilleur niveau. « Ça fait bizarre de refaire des compétitions après mon titre de championne olympique. Je suis de nature stressée et je ne voulais pas arriver sur un grand tournoi à la maison sans avoir fait de compétition avant. J’étais à 60 % de mes moyens et j’ai quand même réussi à gagner. »

« Je n’ai jamais été de nature à gagner à chaque fois. »

« Stressée », Émilie Andéol l’est avant de combattre à l’AccorHotels Arena. Après son titre à Rio, la Bordelaise ne veut pas décevoir ses supporters et n’a pas encore atteint son rythme de croisière. « À Paris, j’avais énormément de pression. C’était mon retour devant le public français, à la maison, devant mes amis. Je n’étais pas encore à 100 %, mais ça s’est quand même super bien passé. J’étais mieux sur les mains, mieux physiquement. Mais, comme je le dis tout le temps, je n’ai jamais été de nature à gagner à chaque fois » reconnaît la judokate de son rire communicatif. Avec une médaille de bronze remportée devant son public et une victoire à Sofia, Émilie Andéol opère un retour gagnant après Rio.

La consécration aux Jeux de Rio

Le retour à l’entraînement a pourtant été compliqué pour la Bordelaise. Après avoir connu le plus beau moment de sa carrière à Rio, Émilie doit remettre le kimono. « J’ai mal vécu la reprise, surtout les deux premiers mois d’octobre à décembre. Je me demandais ce que je faisais à l’INSEP, alors que je venais juste d’être championne olympique ». Un retour à la réalité un peu trop rapide pour Émilie qui aurait aimé couper un temps avec le judo, profiter de ses proches dans le bassin d’Arcachon et retrouver une vie normale. La judokate avait même songé à une nouvelle activité : « J’ai commencé à prendre des cours de yoga. J’ai dit à la prof : les trois premiers mois, vous allez me voir une fois par semaine minimum ! Sauf qu’elle ne m’a plus jamais revue après ! » (rires). Des cours de yoga ? Une idée loin d’être surprenante, lorsqu’on se souvient des larmes abondantes d’Émilie durant les Jeux. Des larmes, il y en a eu. Avant chaque combat. Au risque de paraître émotive devant ses futures adversaires, ses larmes agissent comme un exutoire. Un antidote contre la pression. Si elles débordent un peu trop, Émilie a le pouvoir de les stopper. « Je me dis : allez Émilie, stop, déstresse, ça va bien se passer. Je veux bien que tu pleures mais, à un moment donné, ce n’est pas les chutes du Niagara ! » (rires). Une fois sacrée championne olympique contre la Cubaine et championne olympique en titre Idalys Ortiz, Émilie peut enfin les laisser couler, sans retenue. « Quand j’ai marqué mon ippon au sol, j’ai crié ; c’était la délivrance ! Je n’ai pas réalisé tout de suite. C’est en sortant du tapis, où je vois « Totof » (Christophe Massina, son entraîneur) sauter partout, que je me suis dit Mimi, exprime ta joie d’être championne olympique ! »

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Par Alicia Dauby

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