L’Olympique Marcquois Rugby Lille Métropole vers le professionnalisme

Promu cette saison en Fédérale 1, l’Olympique Marcquois Rugby Lille Métropole continue de franchir les étapes vers la professionnalisation tout en aidant au développement de son sport dans les Hauts-de-France. Entretien avec l’entraîneur principal Philippe Caloni.

Comment se déroule les premiers pas de votre équipe en Fédérale 1 ?

On a des qualités et les défauts de nos qualités. Les joueurs font preuve d’enthousiasme, s’investissent beaucoup, mais il y a eu du déchet dans le jeu et nous l’avons payé cash. L’équipe est encore en construction, on est satisfaits de l’engagement, mais il faut qu’on travaille pendant les matchs. Après les trois premiers matchs, nous avons une victoire, une défaite bonifiée et une large défaite contre le dauphin, le Rennais Étudiants Club. On sait qu’on a encore de la marge.

 

Quels moyens a mis le club pour acquérir le maintien en Fédérale 1 ?

Nous n’avons pas fait de folies. L’Olympique Marcquois Rugby Lille Métropole n’a pas recruté de grandes stars, mais quelques joueurs aguerris et surtout des potentiels. Ils arrivent avec un double projet professionnel ou universitaire. Aujourd’hui, le club ne propose pas de contrats professionnels, les joueurs travaillent souvent à mi-temps à côté. Nous profitons du dense tissu économique de la Métropole Européenne de Lille (MEL) et faisons appel à nos partenaires privés et publics pour aider nos rugbymen. Le club a également passé des conventions avec les universités du territoire. Nous souhaitons offrir à chaque joueur la possibilité d’accomplir leur projet. On sait que pour qu’ils soient bons en rugby, il faut qu’ils soient épanouis aussi dans l’extra sportif.

 

 

L’ambition de l’OMR-LM est de voir l’équipe première évoluer en Pro D2 en 2023. Pourquoi cette date ?

Il s’agit plus d’une étape symbolique par rapport à la Coupe du monde de rugby en France. Si l’OMR-LM n’est pas en Pro D2 en 2023, ça ne sera pas grave. On sait qu’on a deux marches à monter, la Fédérale 1 et la Nationale, et elles sont hautes. Le but est de structurer le club pour avoir 35 joueurs et un staff professionnel ainsi qu’un back office, le côté administratif, salarié dans les trois ans. Nous pouvons compter sur la volonté politique de la MEL et s’appuyer sur les partenariats privés avec les entreprises du territoire, même dans les conditions actuelles compliquées. Nous sommes dans une région qui a le potentiel d’accueillir un club professionnel de rugby. Notre structure aborde ce projet avec beaucoup d’humilité quand on sait où on était il y a trois ans. Ce qui compte, c’est d’être sur les bons rails du professionnalisme en 2023 et continuer d’évoluer à un bon rythme. Si on est sur la bonne voie, la Pro D2 finira par arriver.

 

Les demi-finales de la saison 2020-2021 de Top 14 se joueront au stade Pierre-Mauroy de Lille. La métropole trouve-t-elle sa place dans le rugby ?

Nous sommes heureux de recevoir à nouveau les demi-finales de Top 14 les 18 et 19 juin prochains. Le rugby de haut niveau attire des spectateurs de la région. Lors du match de l’équipe de France face à l’Argentine de la tournée d’automne de 2018 ou pour les demi-finales du Top 14 en 2014, le stade Pierre-Mauroy de plus de 50 000 places était plein. Il existe un vrai public pour le haut niveau dans la région, à nous de l’amener au quotidien. Le stade Pierre-Mauroy a aussi été choisi pour accueillir des matchs de poule pour la Coupe du monde 2023, certainement ceux des Anglais qui ne sont pas loin. Ce sera encore une superbe opportunité de développer le rugby.

 

 

Comment attirez-vous les jeunes dans votre club ?

L’OMR-LM applique la politique de développement du rugby avec les enseignants impulsée par la Fédération. Nos éducateurs mènent des actions avec les écoles, les collèges, les lycées qui nous entourent. La Ligue des Hauts-de-France nous accompagne également dans la formation. Nous sommes satisfaits de constater que notre nombre de licenciés est passé de 400 à 450 cette saison, alors qu’on en perdait les années précédentes. Cette augmentation est le résultat de notre travail de fond.

 

Travaillez-vous avec les autres clubs du territoire pour faire prospérer le rugby dans les Hauts-de-France ?

Beaucoup de clubs du territoire se structurent dans cette Ligue régionale qui compte entre 8 000 et 10 000 licenciés. Quand il y a une équipe phare dans la région, les autres profitent automatiquement des retombées grâce à l’arrivée de joueurs seniors et dans la formation. L’OMR-LM souhaite partager ses progrès avec les structures qui l’entourent. Depuis le début de cette saison, tous les clubs ont accepté d’envoyer des jeunes dans l’équipe Crabos (moins de 19 ans) créée par la Ligue de rugby des Hauts-de-France pour jouer au plus haut niveau national de la catégorie junior.

 

Propos recueillis par Leslie Mucret
Crédit photo : Eric Morelle
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