Exclusif – Roxana Maracineanu : « Un engagement fort et innovant »

En marge de la rencontre de handball France-Croatie et de la signature à la Sud de France Arena de Montpellier de la Charte des 15 engagements écoresponsables des gestionnaires d’équipements sportifs, la Ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu a répondu à nos questions.

En quoi, cette Charte des 15 engagements écoresponsables des gestionnaires d’événements sportifs est importante à vos yeux ?

Avec cette charte, nous souhaitons engager le mouvement sportif dans le développement durable. Ce n’est pas nouveau puisque depuis 2017 nous avons mis en place un contrat réciproque entre des organisateurs d’événements sportifs et le ministère des Sports qui tourne autour de 15 engagements concernant l’écologie et l’utilité sociale de l’événement. La Charte propose un cadre dans lequel les organisateurs ou les acteurs du sport se fixent des objectifs et travaillent pour les remplir. L’idée est de montrer une direction, permettre à ces acteurs de se fixer eux-mêmes des objectifs en les laissant imaginer un plan d’action pour les atteindre. Depuis 2018, nous avons intégré les gestionnaires d’équipements sportifs. La Sud de France Arena avec son gestionnaire la SPL Occitanie Events est le 20e équipement qui va s’engager dans la signature de Charte. L’idée est de faire de chaque événement un outil d’éducation au développement durable pour les spectateurs et les acteurs.

Est-ce un bon signe qu’un équipement comme la Sud de France Arena de Montpellier s’engage dans cette démarche ?

La Sud de France Arena est, elle-même, dans une dynamique de construction autour de ces thèmes grâce à la SPL Occitanie Events. On leur donne un outil du ministère reconnu par les Nations Unies. Nous allons utiliser cet outil pour porter le thème du green-sport au moment de la présidence française à l’Union Européenne. Pour un sport plus respectueux de l’environnement qui est aussi un outil d’éducation. Cela permet le déploiement concret de l’engagement que cette salle et son gestionnaire ont pris en termes d’objectifs. L’engagement autour de cette Charte conditionne aussi des financements que le Ministère des Sports donne pour l’organisation d’événements. Par exemple, le Tournoi de qualification olympique de handball a reçu une aide à hauteur de 200 000 euros sur son budget d’organisation.

 

Votre venue en personne est un geste fort pour soutenir ce genre d’initiatives…

J’en ai déjà fait un certain nombre puisqu’au travers de 106 signataires de ces chartes, nous touchons près de 350 événements sportifs internationaux comme Paris 2024, Roland-Garros, le Tour de France mais aussi des compétitions nationales. Nous touchons 38 équipements sportifs dont neuf stades professionnels ainsi que les 22 établissements sous la tutelle du Ministère des sports : le Creps, l’INSEP, les écoles nationales… C’est un engagement très fort du ministère des Sports et innovant puisque cela fait trois ans qu’on élabore cet outil avec les acteurs. Ce matin, j’étais à l’instance nationale du supportérisme et les associations de supporters se sont positionnées pour s’engager sur ce thème. Aujourd’hui, on s’est engagés avec WWF dans l’étape suivante qui est celle de l’évaluation de ces contrats d’engagements réciproques.

Comment l’Etat peut-il encore aller plus loin pour soutenir ces démarches dans le sport ?

Je pense que ce qu’on fait est déjà très complet mais il faut en parler plus, que ce contrat soit davantage connu de tous. J’imagine plutôt un engagement sur la communication de notre part et des acteurs qui ont déjà signés. Pour aller plus loin, il faudrait que les collectivités conditionnent aussi leurs financements à la signature de la Charte.

Vous allez assister au match France-Croatie pour le compte du Tournoi de qualification olympique. N’est-ce pas un déchirement de voir cette salle vide pour un tel événement ?

Non, je les ai tous pour moi, je vais pouvoir me lâcher pour les encourager (rires). Oui bien-sûr que c’est un déchirement. Ces sportifs méritent tous nos encouragements à l’heure où ils vont se qualifier pour les Jeux Olympiques. Je suis sûr qu’ils vont y parvenir. C’est plus sympa quand cela se passe en France avec les cris et la joie des spectateurs. On espère qu’aux Jeux, il y aura des spectateurs pour les soutenir.

Pensez-vous qu’il sera bientôt possible de revoir du public lors de ces événements sportifs ?

On y travaille. Le Premier ministre nous a proposé de donner des perspectives aux acteurs en travaillant sur des échéanciers d’ouverture secteur par secteur. Nous l’avons fait avec une priorité de reprise pour les mineurs dès qu’il sera possible de le faire, avant même la fin des 4-6 semaines annoncées par le Président de la République. Avec, en échelonnement, un retour du public en commençant par les stades découverts puis dans les enceintes couvertes dès que cela ira mieux au niveau sanitaire.

Propos recueillis par Loïc Feltrin
Crédit photos : Icon Sport et
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