Michaël Guigou : « Je sens beaucoup de bonnes ondes à Nîmes »

Michaël Guigou, l’un des plus beaux palmarès du handball français, évoluera à Nîmes à partir de la saison prochaine. Un événement puisque l’ailier gauche n’avait jusque-là connu que le maillot montpelliérain. Mais à 37 ans, Michaël Guigou a trouvé à Nîmes un projet qui l’a totalement séduit.
Pourquoi Nîmes ?

C’est un choix qui s’est fait petit à petit. En voyant ce qu’il se passait du côté de Montpellier, j’ai été contacté par des clubs, en direct ou via mon agent. Le contact avec Nîmes s’est fait naturellement pour tout un tas de raisons. J’ai rencontré le président de l’USAM en décembre dernier, au lendemain de la rencontre Montpellier-Nîmes. Progressivement, les affinités se sont nouées. Le projet de Nîmes et la rencontre avec le président m’ont convaincu de me lancer dans cette nouvelle aventure. Nantes m’avait également sollicité avec un projet alléchant, mais le projet nîmois me plaisait plus, avec une jeune équipe et l’objectif d’être présent sur la scène européenne. C’est un club face auquel je joue depuis que j’ai 13 ans, que je connais bien. Cette proximité a donc joué dans ma décision.

Était-ce aussi le club idéal pour rester compétitif en vue des JO 2020 ?

En effet, mon objectif était de rester dans une équipe compétitive avec des ambitions. Depuis trois ans, l’USAM se rapproche du plus haut niveau français, alors que l’on sait à quel point le championnat est devenu difficile. C’est un club qui dispose de très bons jeunes et qui est capable de conserver ses meilleurs joueurs. Jusqu’aux Jeux olympiques, et même après, Nîmes est capable de jouer les premiers rôles.

La tentation de l’étranger a-t-elle existé dans votre esprit ?

Un peu. Il y avait une possibilité avec Barcelone, mais ça s’est vite estompé. Aujourd’hui, j’ai 37 ans, une vie de famille, il était donc important de faire le meilleur choix en prenant évidemment cela en compte. Pour tout un tas de circonstances, un départ à l’étranger n’aurait pas été opportun. L’envie d’aider un club à grandir, en l’occurrence Nîmes, a été plus forte que l’appel de l’étranger. Je sens beaucoup de bonnes ondes à Nîmes. J’espère tout simplement pouvoir apporter beaucoup, je suis motivé à 200 % autour de ce projet qui m’attend.

Les soutiens et marques d’affection sont-ils très présents depuis l’annonce de votre départ de Montpellier ?

C’est certain, notamment de la part des supporters montpelliérains. Depuis que ça s’est su que Montpellier ne voulait pas me garder, je reçois énormément de soutien. Le soutien est continu et perdurera dans le temps, j’en suis convaincu. Le fait que je parte à Nîmes, donc pas très loin, va me permettre de compter sur des supporters qui viendront me soutenir quand ils le pourront. C’est quelque chose de fort et qui m’a beaucoup touché depuis quelques semaines.

Quels sont vos meilleurs souvenirs durant vos vingt années à Montpellier ?

Le meilleur et le plus fort, c’est sans doute la victoire en Ligue des champions en 2003. Quand on a 21 ans et que trois, quatre ans avant on était très loin de tout ça, gagner le plus grand titre en club et en être un artisan majeur, ça fait beaucoup. Le partager avec des joueurs dont j’étais extrêmement fan et avec qui je rêvais d’évoluer, c’était fort. En plus, en finale, j’affrontais Jackson Richardson qui était mon idole. C’était un moment complètement fou, complètement magique et donc forcément le plus beau.

Quelles sont les personnes qui vous ont le plus marqué durant ces années à Montpellier ?

Il y en a forcément plein. Je pense notamment à Laurent Puigségur, qui est un ami, qui était un capitaine exemplaire et auprès duquel j’ai énormément appris. J’ai gardé contact avec pas mal de monde, je pense aussi à Damien Kabengele, avec qui j’ai gagné la Ligue des champions et évolué durant de nombreuses saisons. Plus récemment, je pense à Vincent Gérard, qui est un gardien, mais aussi un homme de grande qualité. Il y a aussi pas mal de joueurs qui n’étaient pas forcément des titulaires, mais avec qui on a partagé beaucoup de choses, à la fois sur et en dehors du terrain.

Quel rôle allez-vous endosser à Nîmes au terme de votre carrière de joueur ?

Je deviendrai conseiller du président. Je serai donc son bras droit afin de le conseiller, de le guider au mieux en me servant de mon expérience du monde du handball. Cela inclut la politique de recrutement, mais aussi les démarches auprès des institutions. Le but est vraiment d’œuvrer en faveur d’un projet fort.

Le besoin de faire partager votre expérience est-il très fort chez vous ?

Ce n’est pas forcément un besoin, c’est surtout une envie. C’est aussi pour cela que rien n’est vraiment fermé concernant mon après-carrière. J’endosserai le rôle de conseiller du président, mais beaucoup de choses sont ouvertes du côté de Nîmes dans la manière de pouvoir transmettre mes connaissances. J’ai passé mon diplôme DES l’an dernier afin de pouvoir entraîner. J’ai donc beaucoup d’éléments en main.

Voir aussi > nos offres d’abonnements

Après, rien n’est encore défini, je ne sais pas encore si, à l’avenir, je passerai dans un rôle d’entraîneur et donc de transmission en direct auprès des jeunes. On verra tout cela en temps voulu. Je sais que le président de Nîmes est très ouvert, mais on a besoin de travailler ensemble avant de définir de nouveaux projets. En tout cas, je suis impatient de débuter cette nouvelle aventure à l’USAM.

Justement, Nîmes a-t-il ce qu’il faut pour jouer les tous premiers rôles dans un avenir proche ?

Pour le moment je ne sais pas. Mais ce qui est certain, c’est que le club est ambitieux et en pleine progression depuis plusieurs saisons. L’objectif sera de continuer à garder un budget raisonnable tout en essayant d’effectuer un bon recrutement. Un nouveau Nîmes émerge depuis plusieurs années, avec une finale de Coupe de France et désormais une lutte pour une place dans le top 4. C’est quelque chose que nous allons devoir essayer de faire perdurer. Ce ne sera pas simple, car la concurrence est de plus en plus forte au sein de ce Championnat de France. Mais je suis persuadé que l’USAM a toutes les armes pour réussir.

La carrière de Michaël Guigou en chiffres :

20 années au niveau professionnel
2 titres olympiques
4 titres de champions du monde
3 titres de champion d’Europe
2 Ligues des champions
1 Coupe EHF
10 titres de champion de France
11 Coupes de France
10 Coupes de la Ligue
2 Trophées des champions
11 fois meilleur ailier gauche du Championnat de France

Par Olivier Navarranne
Crédit photo : Cathrin Müller /M.i.S.
PAS ENCORE DE COMMENTAIRE...

PUBLIER UN COMMENTAIRE