Sébastien Piocelle : « Il faut partir d’en bas »

Après une carrière riche et auréolée de deux titres en Coupe de France, Sébastien Piocelle a démarré il y a quelques mois sa nouvelle vie, celle d’entraîneur. Pour SPORTMAG, l’ancien joueur de Nantes, Bastia ou encore du Nîmes Olympique, a accepté de revenir sur son parcours, sa vision du football ou encore du métier d’entraîneur. Ce mardi, retrouvez la première partie de cet entretien consacrée à sa carrière de joueur et sa découverte du monde amateur…

 

Sébastien, vous avez mis fin à votre carrière professionnelle en 2013. Avec du recul, êtes-vous fier de votre parcours ?

Oui. De nos jours, on voit bien que c’est difficile de faire une carrière. Il y a tellement de joueurs, de concurrence et de facteurs qui rentrent en compte. Le tout, c’est d’être performant le plus longtemps possible, et malgré toutes les blessures que j’ai pu avoir à des moments importants, j’ai su rebondir et m’accrocher pour faire un parcours assez long.

Que retenez-vous de vos passages à Nantes et Bastia, qui sont les deux clubs avec qui vous avez disputé le plus de matchs ?

Nantes, c’est mon club formateur. Au-delà de tout ce que j’ai pu connaître avec l’équipe professionnelle, c’est ce club qui m’a fait grandir. Je n’en retiens que des bonnes choses, j’ai même eu la chance de gagner deux trophées en Coupe de France avec une génération de potes, c’est exceptionnel à vivre. Certains attendent des années avant de gagner un trophée, et moi, j’ai démarré ma carrière avec ces deux victoires en Coupe de France, c’est inoubliable. Bastia est également un club très important pour moi. Le contexte était différent, j’y ai passé cinq années pas forcément simples d’un point de vue sportif, et notamment avec la descente en 2005. Mais elles ont été humainement formidables. Mes filles sont nées en Corse, j’y ai encore des accroches importantes. C’est un endroit qui m’a énormément marqué, les Corses ne vivaient quasiment que pour le Sporting. C’est aussi pour cela que ce qu’il s’est passé ces derniers mois a été très difficile à supporter.

Vous avez justement été touché par la descente du club ?

Totalement, même si on pouvait la sentir venir. Le Sporting a été relégué une première fois avant d’être repêché, on savait que l’avenir ne serait pas simple. Après, de là à descendre aussi bas… C’est vraiment triste pour les amoureux du club, les salariés qui ont perdu leurs postes. Et malgré tout, même en National 3, il y a beaucoup de monde au stade. J’espère que le SCB arrivera à remonter le plus vite possible pour retrouver le monde professionnel.

Vous avez également évolué à l’étranger, et notamment en Italie…

Exactement. Je pars du principe qu’il faut toujours retenir du positif de chaque expérience, il faut apprendre de tous ces moments, même s’ils sont parfois un peu plus durs. Quand je suis parti à Crotone, en Série B, je découvrais l’étranger. Je suis parti en famille avec ma petite qui avait deux mois, on a découvert une superbe ambiance. Comme à Bastia, les gens sont fous de football, ils aiment leur club et sont très attachants. Lors de ma deuxième saison en Italie, j’ai eu l’occasion d’affronter la Juventus et Naples, qui étaient en Série B. Médiatiquement parlant, c’était une Série A bis. Ensuite, je suis allé au Hellas Vérone, l’ambiance y était encore exceptionnelle. C’était important de bouger et de découvrir autre chose avant de retourner en France et de faire mon retour à Arles-Avignon en 2009.

Après deux saisons à Arles-Avignon, puis Nîmes, vous avez rejoint le Pontet en CFA. Pourquoi ce choix ?

En 2013, j’ai résilié mon contrat avec le Nîmes Olympique car je ne jouais plus beaucoup. Pour ma famille, je voulais rester dans le coin, c’est d’ailleurs pour cela que j’avais rejoint Nîmes. Quand l’opportunité du Pontet s’est présentée avec Jean-Marc Conrad, j’y suis allé. Dans le monde amateur, on a la même passion mais on ne fait pas le même métier. Je n’étais pas naïf, je savais que ce serait différent. Mais je sais aussi que parfois, il faut partir d’en bas pour gravir les échelons. Quand j’ai eu mon BEF en 2016, il fallait le valider en commençant à entraîner. Comme j’ai eu cette opportunité à Cavaillon, je n’ai pas hésité.

Justement, ce monde amateur, qu’en pensez-vous ?

Déjà, quand on parle du monde amateur, il faut différencier les clubs de National 2 ou National 3, que l’on pourrait presque assimilés à du semi-professionnel, aux autres clubs amateurs qui évoluent plus bas. On a à faire à des garçons qui travaillent la journée, qui sont de vrais passionnés mais qui ne peuvent pas vivre de leur pratique du football. Il faut parfois trouver des astuces pour les amener à être performants. Au-delà de cela, j’ai vraiment rencontré de très belles personnes. Je pense aux joueurs, aux entraîneurs que je rencontre le week-end, ou encore aux bénévoles, qui font un travail formidable. Après, c’est sûr qu’on aimerait tous qu’il y ait plus de moyens dans les clubs amateurs. Quand on voit tout l’argent qui circule dans le monde professionnel, c’est dommage que le football amateur connaisse ces difficultés. Ce n’est pas facile tous les jours, et ça l’est encore moins avec la fin des contrats aidés.

Dès le début de votre carrière, le football amateur a été très présent avec vos victoires en Coupe de France, qui est la compétition préférée des amateurs…

C’est vrai. Cette année, avec Cavaillon, nous avons fait un sixième tour, c’était une première pour le club. Contrairement à avant, je me suis retrouvé dans la peau du petit poucet. C’est une compétition que tout le monde aime. La Coupe de France, c’est une ferveur incroyable et des exploits. C’est vraiment la beauté du football.

Et l’opportunité d’avoir les fameux maillots !

Oui, c’est la carotte (rires) ! L’année dernière, on avait l’objectif de les avoir, on avait réussi en atteignant le quatrième tour. Cette saison, nous avons fait encore mieux avec le sixième tour, on a les doubles maillots !

Propos recueillis par Bérenger Tournier

 

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