Guillaume Tora : “Je suis là pour donner des maux de tête à mon entraîneur”

Formé à l’école lyonnaise de la préparation physique auprès de Robert Duverne, Guillaume Tora a mené son petit bonhomme de chemin à Nice puis au Qatar, avant de revenir à Lyon et de prendre en main l’OL féminin. Les Lyonnaises, qui se mesurent à Chelsea ce dimanche à 17 heures en demi-finale aller, visent une quatrième Ligue des champions d’affilée.

 

Comment se présente cette demi-finale face à Chelsea ?

Si je fais un cas à part d’Izzy Christiansen, blessée début mars avec sa sélection (fracture de la malléole), nous sommes au complet. C’est la deuxième saison d’affilée que nous sommes dans ces dispositions dans le money time de la saison. C’est assez gratifiant et sympa. Je pense que cela cogite dans la tête de mon entraîneur (Reynald Pedros), il doit se gratter le cerveau pour composer son équipe (rire). Au-delà de cela, on sent les filles reboostées par leur probante qualification sur le terrain de Wolfsbourg, l’autre grosse équipe de la Ligue des champions en quart de finale (4-2) et par leur belle victoire, dimanche dernier, contre le PSG (5-0). Cela leur a donné beaucoup de confiance.

Sur quoi basez-vous la préparation ?

Entre les deux matches face à Wolfsbourg, nous avions bénéficié d’une semaine sans match. Cette fois, on nous a placé un match au milieu, mercredi prochain à Dijon, qui peut nous permettre de valider le titre de champion de France. La préparation s’articule autour d’un gros travail physique cette semaine, puis de la récupération la semaine prochaine. Les organismes ont été sollicités, mais les filles ont l’habitude de saisons avec autant de matches. J’ai été rassuré en regardant les derniers matches internationaux, notamment ceux de l’équipe de France. J’ai vu qu’il y a du gaz, je les trouve vraiment bien à cette partie de la saison.

D’ailleurs, les supporters français sont inquiets de savoir dans quel état physique les filles de l’OL aborderont la Coupe du monde…

Malgré une saison dense, mais en même temps elles en ont l’habitude, je suis assez confiant. Tout au long de la saison, on les prépare pour les différentes finales auxquelles on souhaite accéder, mais aussi pour l’équipe de France. Si une petite pause leur est accordée pour leur permettre de se régénérer surtout mentalement, elles vont être au top pour la Coupe du monde.

En quoi est-ce différent de s’occuper d’une équipe féminine ?

Pour moi, il n’y a rien de différent, je gère l’effectif d’une équipe féminine comme l’effectif d’une équipe masculine. À mon arrivée, j’ai pris l’équipe comme un groupe de haut niveau, sans genre, car ce sont avant tout des athlètes. J’ai appliqué ma méthodologie comme si je devais avoir des garçons. Tout dépend du dosage du volume d’entraînement, mais en tout cas, tout se déroule dans le même esprit que pour les garçons.

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Elles ont des capacités d’avoir des charges de travail aussi élevées. Le but ultime, c’est d’amener tout le groupe à performer au plus haut niveau et qu’à la fin de la saison elles soient toutes là. Moi, je suis là pour mettre au maximum la migraine à mon entraîneur tellement il a de choix à faire.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris depuis que vous avez pris en main la préparation physique des filles ?

Elles sont très demandeuses de savoir le pourquoi du comment d’un exercice, d’une séance, et son objectif. Ce qui les différencie vraiment des garçons, c’est une grande application lorsque le travail est lancé. On pourrait quasiment les laisser faire en autonomie : si c’est une course de 10 mètres, elles feront 10 mètres et pas 9,50 m. Cela accroît leur capacité à être plus attentionnées et plus méticuleuses dans ce qu’elles réalisent. Ce qui est surprenant, je ne vais pas être très original, c’est leur capacité à être à ce niveau-là d’année en année, sans fléchir. La volonté de gagner des titres, elles ont cela en elles. C’est impressionnant de les voir remettre chaque année leur titre en jeu et d’aller le chercher encore et encore.

Comment ressentez-vous le fait de vous occuper de la meilleure équipe d’Europe voire du monde et de travailler à côté de stars, notamment du Ballon d’or ?

C’est extrêmement gratifiant d’évoluer auprès d’athlètes de très haut niveau et c’est super exaltant de les voir évoluer le week-end et de performer à un très haut niveau. Quand on les voit réaliser des gestes techniques à la dernière minute, on se dit qu’on a contribué à ce qu’elles gardent, au-delà de leur talent individuel très élevé, une fraîcheur à travers la préparation.

Quelle est la joueuse qui vous impressionne le plus sur le plan physique ?

Lucy Bronze a une capacité à répéter les courses à très haute intensité. Son poste de latéral le lui demande. Dans notre effectif, Lucy saute aux yeux immédiatement, mais l’ensemble de l’effectif est impressionnant : au milieu de terrain Saki Kumagai court partout, tout le temps, Jessica Fishlock court aussi tout le temps et à un rythme plus intense, Ada Hegerberg réalise sans cesse un travail de sape pour harceler la défense, Amel Majri, sur le côté, est une joueuse à gros volume. Même nos deux défenseures centrales (Wendie Renard et Griedge Mbock) sont assez armées pour résister à n’importe quelle attaquante.

Propos recueillis par Sylvain Lartaud
Crédit photo : Icon Sport - Icon Sport
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