Eugénie Le Sommer : “On veut battre des records”

À bientôt 29 ans, la meilleure buteuse de l’histoire du club fait partie des cadres de l’Olympique Lyonnais féminin. Elle a marqué le but de la qualification en quart de finale à Barcelone, et entend bien récidiver face à Manchester City (les 22 et 29 avril)…

 

Comment abordez-vous cette demi-finale de Ligue des champions ?

Je pense que les joueuses de Manchester City vont être revanchardes car on les a éliminées l’année dernière (au même stade de la compétition, NDLR). Nous, on continue notre petit bonhomme de chemin et on prend les matches les uns après les autres. On aura à cœur de les battre dans notre stade, puisqu’elles nous avaient battues l’an dernier au Groupama Stadium (1-0 après une victoire 3-1 à l’aller de l’OL, NDLR).

Vous vous attendez à quel genre de match ?

Manchester City pratique un jeu différent de celui de Barcelone. Un jeu plus direct avec plus d’impact physique alors que, Barcelone, c’était plus du jeu en possession. Les Mancuniennes peuvent aller très vite vers l’avant et être efficaces en contre-attaque.

Vous êtes en course pour une 5ème victoire en Ligue des champions, une troisième consécutive, on a du mal à y croire tellement c’est incroyable.

Oui, c’est énorme, cela ne s’est jamais fait. Si on gagnait encore cette saison, ce serait fantastique. Quand je me dis que j’ai déjà remporté quatre Ligue des champions, c’est déjà énorme. On mesure le chemin parcouru mais en même temps quand on entend les gens, ils pensent que c’est facile de remporter la Ligue des champions mais la saison est tellement longue, il peut se passer plein de choses. On dispute des matches couperet, tout peut arriver. Sur la longévité, on réalise une sacrée performance.

Et sans jamais aucune lassitude ?

Non, pas du tout. On a toujours envie d’avoir plus. C’est la même chose pour les titres de championnes de France et les Coupes de France. On veut battre des records. Notre objectif, c’est d’en gagner le plus possible. On regarde toujours plus haut et c’est ce qui anime l’équipe depuis maintenant très longtemps.

Personnellement, vous venez de battre le nombre de buts marqués pour le club et de prolonger votre contrat jusqu’en 2021 et vous brillez avec l’équipe de France. Vous vous attendiez à cela lors de votre arrivée en 2010 ?

Non, pas du tout (sourires). En 2010, je suis arrivée un peu sur la pointe des pieds. J’avais pour objectif de devenir titulaire. La première année n’a pas été évidente, je jouais un match sur deux. C’était difficile, mais c’est dans ces moments que j’ai appris aux côtés des grandes joueuses. Ma progression a été constante.

De là à devenir une cadre de l’équipe…

Je n’aurais jamais cru en 2010 en arriver là. J’avais signé pour 3 ans et j’étais un peu dans l’inconnue. Aujourd’hui, je suis encore là. Le club est le meilleur en France voire en Europe. Toutes les conditions sont réunies pour se sentir bien et pour que je m’épanouisse. Le fait d’avoir de bonnes installations, cela aide à assouvir son état d’esprit de compétitrice.

Vous avez participé à l’évolution du club et à son changement de dimension.

Quand on repense à nos débuts… on s’entraînait à la Plaine des Jeux de Gerland, on avait un vestiaire qui appartenait à la ville de Lyon. Tous les soirs, on ramenait nos crampons pour les laver, on gérait nous-mêmes nos bouteilles d’eau. Tout cela a bien changé depuis. On profite d’un confort qui participe aussi à la performance. Il y a eu beaucoup de chemin parcouru et j’ai vu grandir le club, aussi bien chez les garçons que chez les filles. On est effectivement entré dans une autre dimension.

Les demi-finales et la finale de la Coupe du monde féminine vont se jouer juste à côté du stade, dans un peu plus d’un an. Où serez-vous ?

J’espère vraiment que je serai sur le terrain. En un an, il peut se passer plein de choses. L’équipe de France devra se servir de la pression de manière positive. Jouer la demi-finale et la finale, ce serait un rêve ! Ce serait une belle victoire pour le foot féminin français, mais aussi pour l’OL.

Ce serait l’occasion ou jamais de vaincre la malédiction qui a entouré les Bleues ces dernières compétitions.

On a toutes envie de franchir ce cap des quarts de finale. On l’a déjà fait en 2011 (lors de la Coupe du monde) et 2012 (JO), mais on était moins attendues. Je pense que le public pourra être un atout pour nous aider à créer un dynamique pour remporter ces matches à élimination directe. On vient de battre l’Allemagne et le Canada, c’est bon pour la confiance. En tout cas, un titre avec l’équipe de France, c’est ce qui me manque. On va tout faire pour y arriver.

Propos recueillis par Sylvain Lartaud

 

Crédit photo : Icon Sport
PAS ENCORE DE COMMENTAIRE...

PUBLIER UN COMMENTAIRE