Livio Jean-Charles : « Je suis revenu pour l’Euroligue »

De retour dans son club formateur après une expérience infructueuse en NBA, l’ailier guyanais de 2,06 m Livio Jean-Charles analyse, d’un ton posé et avec son calme habituel, la préparation de l’ASVEL, marquée par un succès de prestige au Real Madrid mardi soir (80-79), avant le début de saison.

 

Qu’est-ce que ça fait de battre le Real Madrid ?
C’est toujours positif. Le Real a gagné l’Euroligue l’an dernier, c’est une grande équipe et on est content de ce résultat, on ne va pas s’en cacher. Après, ils en sont au début de leur préparation, ils ont donc des circonstances atténuantes, ils n’ont pas trouvé leur vitesse de croisière, mais c’est le Real Madrid !

 

Comment vous avez réagi entre vous dans le vestiaire ?
Il y a eu de l’euphorie, surtout au moment du panier de Khadim (Sow, le jeune Sénégalais formé au Real qui a marqué le panier à 3 points de la victoire pour l’ASVEL dans les dernières secondes, NDLR), mais on n’a pas non plus célébré ça comme si on avait gagné un titre. Cela fait beau sur le papier mais, en réalité, c’est une victoire en amical. Cela apporte juste des certitudes mais rien de matériel et de concret.

 

Cela permet tout de même à l’ASVEL d’engranger encore de la confiance après une bonne campagne de préparation.
Oui, le bilan est positif, on n’a pas encore perdu (en cinq matches). Mais le staff sait très bien que nous ne sommes pas intouchables, ni au-dessus de l’armoire (sic). C’est un juste milieu, on a conscience que ce n’est que la pré-saison.

 

Que reste-t-il à améliorer ?
Oh, on a encore des soucis d’ajustement, comme des pertes de balles, faciles à régler, donc je ne suis pas inquiet. C’est clair que nous avons été pas mal en défense (66 points encaissés en moyenne lors des cinq premiers matches). Dans l’ensemble, le groupe tourne bien, les jeunes apportent beaucoup, le coach sait ce qu’il veut, donc tout va bien. Ce que je pense de Zvezdan Mitrovic ? C’est un bon coach, il est rigoureux, il a des interventions justes, c’est ce qu’on demande à un coach !

 

Que pensez-vous de ce déplacement dès la première journée de la Jeep Elite à Monaco (le 23 septembre) ?
Monaco, c’est une bonne équipe. Tant mieux pour nous, cela nous permettra de disposer d’une bonne évaluation dès le premier match. La confiance engrangée est toujours importante, on ne peut jamais trop en avoir, mais à nous de ne pas s’enflammer pour bien aborder ce premier match.

 

Vous n’étiez pas là l’an dernier mais comment sentez-vous que l’ASVEL a envie de rebondir après une saison décevante ?
Je ne sais pas si on peut parler de saison décevante car l’équipe a quand même joué les play-offs même si elle a vécu une saison compliquée : ils ont changé de coach, l’effectif a bougé et les play-offs ne se sont pas déroulés comme ils voulaient. On veut faire mieux cette saison. Tous les objectifs ont été fixés, ils sont simples : remporter toutes les compétitions et notamment gagner le titre de champion de France.

 

Vous êtes de retour dans votre club formateur, quel regard portez-vous sur votre carrière ?
Honnêtement, j’ai essayé d’aller au bout de tous les challenges, que ce soit avec l’ASVEL, les Spurs et Austin. Revenir ici, c’est un autre challenge. Je connais un peu tout le monde, c’est une situation plus ou moins faite pour moi. Le projet est attrayant avec la participation à l’Euroligue pendant deux saisons à partir de l’an prochain. Je suis revenu pour l’Euroligue.

 

En attendant, vous allez jouer l’Eurocoupe. Comment abordez-vous cette compétition de second ordre ?
Ce n’est pas une préparation à l’Euroligue, on va se donner à fond et essayer de gagner sans penser à l’Euroligue. On tombe dans un groupe compliqué (avec Valence, Trento, Ankara, Partizan Belgrade et le Zenit Saint-Petersbourg, NDLR) mais, dans l’ensemble, ce n’est pas sûr qu’il y ait une poule moins difficile. Le Graal, c’est l’Euroligue, mais l’Eurocoupe reste une bonne compétition et l’objectif est d’aller le plus loin possible.

 

Pensez-vous encore à l’équipe de France ?
J’ai toujours adoré le maillot bleu. J’ai donné un genou pour le maillot bleu (rupture des ligaments croisés du genou lors des Championnats d’Europe U21 en 2013, NDLR) mais l’équipe de France me tient à cœur, oui !

 

Propos recueillis par Sylvain Lartaud
Crédit photo : Avalon / Icon Sport
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