Marième Badiane : “Terminer cette finale le plus vite possible”

Elle s’est excusée trois fois pour son quart d’heure de retard à notre rendez-vous ce vendredi matin. Mais l’intérieure lyonnaise, surnommée « Chaton » par ses partenaires, était déjà tout excusée après ses deux grosses perf’ (16 et 17 points) en finale contre Lattes-Montpellier. Lyon-Asvel mène 2-0 et Marième Badiane entend bien glaner le titre dès mardi à Lattes.

 

Qu’est-ce qui se passe dans votre tête depuis mercredi soir ?

Je ressens beaucoup de joie forcément ! On a célébré cette deuxième victoire et on en a profité sur l’instant. Cela n’a pas été évident de trouver le sommeil avec toute cette euphorie autour de nous, il y a eu beaucoup d’émotion partagée avec les supporters. Mais il faut vite se remobiliser et se reconcentrer sur le troisième match. Ce n’est pas fini, je pense que le plus dur reste à venir. Montpellier n’a plus rien à perdre et joue à son tour à domicile. Après, on sait que dans le pire des cas, on jouera le dernier match (l’éventuelle belle) à la maison, mais ce n’est pas ce que l’on envisage. On a envie de terminer cette finale le plus vite possible. Et je pense que c’est possible (sourire).

À 2-0 en votre faveur, vous vous dites quoi ?

Qu’il faut aller au bout ! En tout cas, on a les clés. Il ne faut pas se laisser submerger par le sentiment de joie. On a bien commencé la série et puis on mérite ce trophée. Entre un début de saison compliqué et des blessures tout au long de l’année, cela a été difficile. Mais pour autant, on est toujours là. On a conservé la première place jusqu’au bout.

Qu’est-ce qui a fait la différence sur ces deux premiers matches ?

Le fait de jouer à la maison, de disposer de nos repères et de notre public et ça, c’est super important. Après, notre cohésion d’équipe nous permet, quel que soit le moment, de rester très soudées. On n’est que 7 filles sur la feuille de match, mais notre envie d’aller au bout de notre objectif est très fort. On ne va pas lâcher.

À chaque fois, vous avez pris l’ascendant en deuxième période…

C’est un peu notre marque de fabrique. On a souvent connu ce scénario en saison régulière. On a tendance à monter en régime pendant le troisième quart temps durant lequel on défend plus dur. Cela a un vrai impact sur les adversaires. Au retour des vestiaires, se retrouver pris à la gorge, ce n’est pas simple à encaisser.

Vos supporters jouent un rôle important. Votre coach a dit qu’il n’avait jamais connu une telle ambiance pour un match de basket féminin.

C’est vrai que l’ambiance nous aide vraiment. Quand on gagne l’avantage du terrain en saison régulière, c’est pour s’en servir et là, on peut dire que nous avons réussi à le mettre à profit. C’est une petite salle, les tribunes sont très proches du terrain. Il y a une vraie proximité avec notre public, on ressent encore plus cette chaleur.

Que change l’absence, côté héraultais, de la pivot Héléna Ciak ?

Cela change pour elles (les Montpelliéraines) et les médias ont beaucoup insisté là-dessus ; mais, nous aussi, il nous manque des joueuses : Kendra (Chery) s’est blessée en cours de saison, Lidija (Turcinovic) a été absente toute la saison et Clarissa Dos Santos, également blessée, est aussi importante pour nous qu’Héléna est importante pour Montpellier. Je pense que c’est important de le souligner. Après, Héléna est un très bon repère à l’intérieur, un point de fixation pour les shooteuses et sa blessure, intervenue juste avant le début des play-offs, est un coup dur pour Montpellier. Elles n’étaient pas préparées à cela et mentalement cela a pu les impacter.

En signant ici en 2017, vous vous imaginiez être tout proche d’un titre de championne ?

Quand j’ai signé ici, j’avais des ambitions avec ce club et des projets. C’est vrai que cela va super vite ! Je ne m’en plains pas, j’en suis très contente. J’espère que maintenant que nous sommes là, on va remporter ce titre.

Mais, c’était une sorte de pari à l’époque ?

Effectivement, c’était un petit pari. D’ailleurs, mon coach de Mondeville (Romain Lhermitte, NDLR) n’avait pas compris. Il me voyait plus signer dans un club qui évoluait déjà en Euroligue ou en Eurocoupe. Si je suis venue ici, c’est que j’avais confiance en la structure, au projet du club qui connaît une progression rapide. Je ne regrette pas du tout ce choix aujourd’hui. En signant ici, j’ai appris beaucoup.

Vous le montrez durant ces play-offs avec deux gros premiers matches de votre part.

Jouer les play-offs entraîne une adrénaline supplémentaire. J’ai réalisé deux grosses performances, mais en même temps d’autres joueuses l’ont fait également. C’est collectivement que l’équipe a augmenté son niveau de jeu. J’ai plus évolué en poste 4 cette saison, je suis plus amenée à shooter, à driver également. Même défensivement, les positions sont différentes, cela m’a apporté une polyvalence par rapport à mes débuts au Centre fédéral.

Vous marquez des points en vue de disputer l’Euro avec les Bleues cet été…

J’espère forcément être sélectionnée (elle fait partie du groupe 19 joueuses convoquées, NDLR). Quand on met le pied en équipe de France, on a envie d’y rester. J’ai envie de gagner du temps de jeu et d’endosser un rôle de plus en plus important.

Propos recueillis par Sylvain Lartaud
Crédit photo : Icon Sport
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