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Anaïs Chevalier, la résurrection

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C’est la révélation française de la saison de biathlon. La jeune Iséroise s’est hissée parmi les meilleures mondiales, en récompense de son travail et de sa détermination, après une période de doutes en raison d’une blessure au dos.

« Je ne m’attendais pas à réaliser une saison de ce niveau. » C’est sur les routes de Finlande, en transit vers Oslo, lieu de la dernière étape de Coupe du monde, qu’Anaïs Chevalier nous raconte son incroyable épopée hivernale, ponctuée par sa première victoire individuelle en Coupe du monde (Nove Mesto, en décembre 2016) et sa première médaille individuelle (le bronze) aux Championnats du monde de Hochfilzen (Autriche). Cela, sans compter les nombreux podiums obtenus par équipes. Pour Julien Robert, entraîneur principal de l’équipe de France féminine, et l’ensemble du staff des Bleues, l’éclosion d’Anaïs est « une énorme surprise ». « On savait qu’elle pouvait jouer devant, mais pas à ce point-là. » D’autant plus que, comme le souligne celui-ci, « elle revient de loin ». « C’est plutôt grisant quand ça paye enfin, et puis ça paye vraiment très bien, poursuit Anaïs. C’est un soulagement, parce que j’ai passé des années un peu compliquées. » Allusion à une grosse blessure au dos il y a deux ans, qui l’a contrainte à s’arrêter en cours de saison. « Je n’arrivais plus à me baisser ou à faire des choses toutes bêtes. » Elle décide alors de stopper le ski momentanément, pour préserver son dos. Cette blessure usante lui « a coûté autant physiquement que mentalement ». « J’ai mis un an et demi pour me reconstruire. Cela a été compliqué, mais je suis contente d’avoir gagné la bataille. » « Après sa saison quasiment blanche il y a deux ans, elle a dû repasser par les qualifications pour disputer la Coupe du monde, explique Julien Robert. Ces deux années laborieuses ont été un véritable parcours du combattant. Ce qui lui arrive est une juste récompense. »

Le mental a été évidemment primordial dans cette résurrection. « Une fois que les douleurs physiques se sont estompées, c’est uniquement de la volonté et de la motivation » qui lui ont permis de remonter petit à petit la pente. « J’ai toujours cru en ce que je faisais, je n’ai pas abandonné, car je savais que j’avais les capacités de le faire. Je le prends donc comme une petite victoire sur moi, sur le travail que j’ai donné ; c’est une vraie satisfaction. »

Il suffisait d’un déclic pour concrétiser tout cela sur le tableau des résultats. Il est arrivé mi-décembre à Pokljuka (Slovénie) : « J’ai subi une grosse contre-performance qui m’a poussée vers une profonde remise en question. Je me suis dit que, par rapport à tout le travail que j’engrangeais, si c’était pour faire des courses de ce genre, ce n’était pas la peine de continuer. » « En début de saison, elle n’arrivait plus à tirer, c’était le drame, insiste son coach. Elle s’est dit qu’il fallait qu’elle montre ce qu’elle était capable de faire. C’était un moment clé pour elle ; une deuxième carrière commençait. » Le changement ne s’est pas fait attendre : la semaine suivante, à Nove Mesto (République Tchèque), elle a glané son premier podium puis, le lendemain, sa première victoire. « À partir de cette course-là, je me suis dit que, si je mettais les choses en place correctement, je pouvais être devant et cela change beaucoup de choses. Le cap, je l’ai passé dans la tête. » Son entraîneur confirme : « Son tir ne passait pas jusque-là, elle faisait un blocage psychologique. Elle s’est libérée ce week-end là. Depuis, elle enchaîne les super-tirs et les places devant. »

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Sylvain Lartaud

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