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Henri Leconte : « On est en retard »

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En remportant la Coupe Davis en 1991, Henri Leconte a inscrit à jamais son nom dans la légende du tennis français. À quelques jours d’une finale très attendue face à la Belgique, le finaliste de Roland-Garros 1988 s’est confié à SPORTMAG sur l’actualité du tennis tricolore. Entretien…

 

Henri Leconte, la France affrontera la Belgique en finale de la Coupe Davis du 24 au 26 novembre prochains. À dix jours du début de la compétition, comment sentez-vous ce grand rendez-vous pour le tennis français ?

Un match de Coupe Davis, ce n’est jamais gagné, même si nous serons favoris. Je dirais que ce sera du 55-45. On aura un adversaire qui joue bien, qui pourra compter sur un David Goffin en forme et un Steve Darvis qui est un vrai joueur de Coupe Davis. Là où nous sommes clairement plus forts, c’est en double, c’est un point important. Quoi qu’il en soit, c’est un match que l’on devra jouer avec énormément de sérieux. Comme dirait l’autre, il ne faudra pas péter plus haut que son cul (sic). Si on joue sérieusement et que les joueurs comprennent que remporter une Coupe Davis est quelque chose d’extraordinaire, ça devrait le faire. Je le redis, gagner une Coupe Davis, ça change un homme. Et puis ça peut sûrement apporter plein de choses aux joueurs pour la saison prochaine.

Vous avez vous-même remporté cette Coupe Davis en 1991…

C’est vrai. C’est comme la Rider Cup au golf, c’est tellement beau de gagner une compétition collective dans un sport individuel. En plus, on avait une génération avec beaucoup de personnalités. C’était une joie immense et très intense.

Une victoire serait également très importante dans le développement du tennis français, et notamment vis-à-vis des plus jeunes…

Que ce soit dans le tennis ou dans un autre sport, quand on gagne, cela donne forcément un engouement terrible à la discipline. C’est effectivement un enjeu important de cette finale.

Justement, quelle est votre sentiment sur la relève tricolore ?

Aujourd’hui, en France, on est en retard par rapport à d’autres nations. Arrêtons de mettre les joueurs français sur un piédestal, c’est notre défaut en France. Pour le moment, on est dans une période assez compliquée, il faut se remettre les pieds sur terre. On est en retard, tout simplement. C’est dommage car on a du potentiel, on a de bons joueurs. Mais de là à dire que l’on en a de très bons, on en est loin.

D’où l’importance de la formation dans ce projet de développement…

Oui, de la formation et de l’information. Je pense que l’on devrait aller voir ce qu’il se fait ailleurs, nous sommes restés un peu trop renfermés sur nous-mêmes. La vérité, c’est que l’on est en retard. J’étais récemment au Challenger de Mouilleron-le-Captif pour la finale. La Suède, les Américains ou encore les Allemands reviennent, ils sont là.

C’est un travail à moyen, voire long terme qu’il faut donc mener…

Ce n’est pas à moi de parler de ça, mais à la Fédération. Si je parle, ça va encore me retomber sur la gueule (sic). Moi, je dis les choses en face, je ne me cache pas derrière telle ou telle chose. C’est à la Fédération de prendre ses responsabilités, d’assumer et de mettre en place une structure pour faire évoluer et grandir nos juniors. C’est à la Fédération de s’en occuper, et aux joueurs de bien bosser.

Quoi qu’il en soit, on imagine que vous serez à fond derrière les Bleus pour cette finale de Coupe Davis…

Bien-sûr, tout le monde sera derrière eux. Même s’il ne faut pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt, ce serait un gros coup de boost pour le tennis français. Derrière, il y a aura énormément de travail à faire. Mais je suis certain que cela permettrait de redonner une meilleure image, ce serait un beau coup de pouce.

Propos recueillis par Bérenger Tournier

NB : Retrouvez jeudi la deuxième partie de notre entretien avec Henri Leconte, consacrée au développement du Padel…

 

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