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Victor Crouin, la grande promesse du squash

Victor Crouin

Champion d’Europe junior il y a deux semaines, Victor Crouin est l’un des plus grands espoirs du squash français. Pour SPORTMAG, le numéro 4 mondial, âgé de seulement 17 ans, a accepté de revenir sur son parcours, ses ambitions ou encore la place qu’il accorde aux études. Entretien avec un garçon qui mêle parfaitement le talent, l’ambition et l’humilité…

 

Victor, quel est votre parcours dans le squash ?

Je n’ai pas commencé par le squash. Même si mon père en faisait, il ne souhaitait pas forcément que je fasse le même sport que lui. J’ai donc débuté par le tennis à quatre ans, avant de me mettre tout de même au squash à six ans. J’ai joué aux deux sports jusqu’à dix ans, avant que ma préférence se tourne vers le squash.

Comment avez-vous fait votre choix entre les deux disciplines ?

Comme tout le monde lorsque l’on est enfant, je faisais du sport pour le loisir, pour le plaisir. Quand j’ai commencé la compétition, j’ai terminé troisième pour mon premier Championnat de France de squash. Au tennis, je commençais à être également performant au niveau régional, mais j’ai moins aimé la mentalité.

Vous avez remporté les Championnats d’Europe Juniors il y a deux semaines. On imagine que cela doit être une grande satisfaction…

C’est clair, c’était l’un de mes objectifs de la saison. Je ne suis que le quatrième joueur français à remporter ce titre, c’est un réel honneur, ce n’est pas rien. Et puis, quand on regarde tous les noms inscrits sur la coupe, on voit bien que la plupart ont fait une belle carrière. Cela donne envie d’aller encore plus loin, même si ce n’est qu’une étape.

Quelles vont être vos prochaines échéances ?

En juin, je vais passer mon baccalauréat S. J’ai toujours pensé que le sport me permettait d’être bon à l’école, et vice versa. Souvent, je me suis rendu compte que dans les périodes où j’ai dû m’arrêter, et alors que j’avais plus de temps pour ma scolarité, je n’étais pas forcément meilleur à l’école. Je pense sincèrement que les deux vont ensemble. Et puis, j’ai eu une éducation qui a toujours mis les études en avant, je n’ai jamais oublié cela. Pour moi, ce n’était pas possible d’arrêter les études pour me concentrer exclusivement sur le squash. Après le baccalauréat, à la mi-juillet, je partirai en Nouvelle-Zélande pour les Championnats du Monde Juniors. Après les Championnats d’Europe, c’est un gros objectif. J’espère terminer sur le podium, et pourquoi pas gagner le titre. Ensuite, je pense prendre une année sabbatique pour me mettre à fond sur le circuit professionnel. Enfin, je vais préparer mes examens afin de partir en septembre 2018 aux États-Unis.

Pour quelles raisons ?

J’aimerais intégrer une grande université américaine. Je souhaite préparer un diplôme tout en continuant à m’entraîner tous les jours avec des joueurs de qualité.

Le squash n’est pas une discipline très connue du grand public. Peut-on en vivre ?

C’est vrai que le squash est encore assez petit dans le monde du sport. Déjà, nous ne sommes pas une discipline olympique, ce qui n’aide pas forcément. Malgré cela, on peut tout à fait gagner sa vie. Pour les hommes, je dirais que les vingt à trente meilleurs joueurs mondiaux gagnent leur vie. Quant aux femmes, ce sont à peu près les dix meilleures. Les joueurs qui occupent le Top 5 mondial gagnent même très bien leur vie, bien que ce soit incomparable avec un sport comme le tennis.

L’évolution de la discipline vous semble-t-elle positive ?

Oui, cela fait quelques années que le squash se développe de plus en plus, aux États-Unis par exemple. Si on veut faire de grandes études tout en continuant le sport de haut-niveau, c’est intéressant d’intégrer une université américaine. En France, c’est un petit peu plus difficile, même si c’est possible. On l’a vu avec Teddy Riner qui est passé par Sciences Po. Mais il faut être à Paris, c’est plus compliqué quand on est au Pôle France d’Aix-en-Provence, comme c’est mon cas actuellement.

Bérenger Tournier

 

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