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Patrick Vignal : « Le MMA n’est pas juste une mode »

Patrick Vignal

Secrétaire d’État aux sports, Thierry Braillard a confié un observatoire des pratiques émergentes à la confédération française des arts martiaux et des sports de combat (CFAMSC). Le fruit d’une mission menée par un sénateur et un député, dont Patrick Vignal. Explications avec le député de l’Hérault.

 

Quel était le sens de votre mission sur les sports de combat mixte (MMA) ?

Déjà, il faut savoir que cette mission représente six mois de travail, avec plus de 100 heures d’auditions et 170 personnes auditionnées. Nous avons réalisé cela avec le sénateur Jacques Grosperrin, qui est judoka comme moi. Au cours de notre mission, nous nous sommes rendu compte qu’il était important d’organiser, de légiférer et de structurer la pratique du MMA en France. Aujourd’hui, on dénombre entre 40 000 et 50 000 pratiquants sur l’ensemble du territoire. L’idée de l’observatoire des pratiques émergentes est justement d’aller plus loin, et de proposer un vrai débat autour de la pratique du MMA. L’observatoire va travailler durant une année, avec la possibilité de création d’une fédération consacrée aux sports de combat mixte.

Durant ces mois de travail, comment avez-vous évalué le potentiel de développement du MMA en France ?

Je pense que le MMA n’est pas juste une mode, et qu’il dispose d’un véritable potentiel de développement. En France, nous avons bâti le sport sur l’éducation et l’enseignement. Si le MMA sait se structurer et s’organiser, si on crée un diplôme d’enseignement de la discipline, je pense qu’il aura sans problème sa place dans la famille des arts martiaux.

Justement, les autres arts martiaux sont-ils favorables à cette structuration du MMA ?

En fait, beaucoup de fédérations auraient aimé s’approprier le MMA. C’est spectaculaire, et cela représente une manne financière non négligeable. Bercy serait rempli si on organisait une compétition de MMA. Derrière la réflexion de l’observatoire, il y a aussi l’idée de remettre à niveau les 213 arts martiaux. Il y a trop d’arts martiaux, il faut que l’on créé des familles de projections, de contacts, de combats… Il faut remettre du sens et de la cohérence.

Quel est le message que vous souhaitez faire passer aux clubs qui proposent du MMA ?

Aujourd’hui, cette pratique n’est pas du tout structurée. Ce que j’ai envie de dire aux clubs, c’est faites un peu confiance à l’observatoire qui est mis en place. Il a à cœur l’intérêt des clubs et le développement du MMA. Je voudrais que la discipline s’appuie sur les fondamentaux des arts martiaux que sont le judo, le karaté ou l’aïkido. Nous avons de grandes valeurs éducatives et pédagogiques, donc je pense que si le monde du MMA s’organise, il arrivera à faire en sorte d’exister et même de voler de ses propres ailes.

Propos recueillis par Olivier Navarranne

 

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