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En France, la profession d’intermédiaire sportif est relativement méconnue. Entretien avec Yann Orhan, qui l’exerce depuis une dizaine d’années.

En quoi consiste le métier d’intermédiaire sportif ?
En comparaison avec nos voisins étrangers, les infrastructures et les moyens humains de recrutement en France sont faibles. Donc notre pays se sert assez régulièrement d’intermédiaires pour solutionner des lacunes dans le scouting, le lobbying, le réseau et la relation auprès des clubs étrangers. Via mon carnet d'adresses, j'apporte une vraie solution alternative aux clubs, en offrant une possibilité missionnée à court terme, principalement en amont du mercato. En France, je n'effectue aucune transaction. Je me focalise sur des activités de consulting. J'avoue être grandement sollicité. La France est un pays dominant dans le secteur de la formation, mais un peu moins dans le domaine du recrutement. J'interviens surtout dans ce dernier secteur.

 

Quels sont les sports dont vous vous occupez ?
Je travaille exclusivement dans le football, mais je ne ferme pas de portes. Ce n'est pas une bonne approche de se disperser. Je suis ouvert aux autres sports, mais j'offre un conseil exclusif. C'est assez exigeant, il faut savoir de quoi on parle. Il y a tellement de données à maîtriser : il faut connaitre l'humain, savoir négocier, être bon communicant et assez souple d'esprit.

 

Quel parcours avez-vous suivi pour devenir intermédiaire sportif ?
Aucun parcours type. J'ai fait quelques études, je suis diplômé d’État en sport. J'ai joué au football en région parisienne avec des joueurs actuellement dans le circuit professionnel. Jeune, je jouais au FC Montrouge. Après quelques échecs à l'étranger et quelques années plus tard, l'un de mes coéquipiers a rejoint la Bulgarie et fait de très mauvaises rencontres avec des agents. C'était lié à des problèmes de salaire, de condition de vie, d'ambiance. Il arrivait au terme de son contrat. Nous étions restés en contact. Il m'a demandé si j’avais des réseaux, et effectivement, j’avais un contact. Je connaissais un agent qui se lançait, un ami de Steven Defour (joueur du FC Porto à l'époque, Ndlr). J’ai permis à mon ancien coéquipier de faire un essai d’une semaine avec un club de deuxième division portugaise. C’était une première pour moi. J'accompagnais un joueur au contact d'un club professionnel dans le but de l'aider à signer un nouveau contrat. J'avais les yeux grands ouverts. Le joueur ne pouvait pas prendre l'avion car, quelques jours auparavant, il s’était fait dérober ses papiers d'identité. J'ai donc appelé un ami à l'Office central de lutte contre la corruption avant notre départ pour lui demander conseil. Finalement, nous avons fait 22 heures de bus pour rejoindre un club pilote du FC Porto. Sous une pluie battante, j'ai assisté aux essais. Le club nous a très bien reçus, nous sommes restés une semaine sur place. De mon côté, j'ai pris contact avec le background du football. Finalement, le joueur n'a pas signé mais ma vocation pour le conseil était née.

 

Propos recueillis par Arnaud Lapointe.

 

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