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Magazine n°24 juillet 2010
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Tigana, à point nommé
STORY. Nommé rapidement pour succéder à Laurent Blanc, Jean Tigana est arrivé à Bordeaux pour donner un coup de main. La mission est délicate. La personnalité de l’ex-international doit permettre aux Girondins de retrouver la lumière.
par Lawrence Leenhardt
"Bordeaux, c’est le choix
du coeur. A chaque fois
qu’on m’a appelé, je ne
me sentais pas prêt. Là,
le contrat a été discuté
en deux trois minutes.
C’est spécial pour moi,
car j’ai le sentiment
d’avoir été au début de
l’aventure de ce club
en tant que joueur,
j’y ai vécu beaucoup
de choses. »"
C’est le 28 juin, au matin, que les joueurs ont
rencontré leur nouvel entraîneur. Ravis pour la
plupart de cette arrivée, ils découvrent maintenant
l’homme et ses méthodes de travail. «Moi, j’étais très
content quand on m’a prévenu que c’était lui, se souvient
Wendel. C’était une très bonne nouvelle. J’espère qu’on
réussira avec lui les mêmes performances qu’avec Laurent
Blanc.»
L’ombre du «Président» Blanc plane encore sur
le Haillan. Evidemment en raison de son aura, mais
aussi à cause d’une deuxième partie de saison pathétique
terminée en eau de boudin, dont on se demande
aujourd’hui quelles en seront les conséquences…
Jean-Louis Triaud, le vrai président du club, avait dit au
lendemain du départ en catimini de Laurent Blanc, que
Bordeaux allait prendre le temps de réfléchir pour lui
trouver un successeur, qu’il n’était pas pressé. Après cette
échappée rocambolesque, il fallait faire vite et il le savait
bien. Mais encore fallait-il trouver la bonne personne. Car
le successeur de Laurent Blanc aurait du poids sur les
épaules. Si les candidats furent nombreux, le nom de
Jean Tigana fit très vite l’unanimité. Et il a accepté les
«retrouvailles», après avoir refusé de nombreuses
propositions pendant ses trois années sabbatiques
consacrées surtout à l’humanitaire. «Bordeaux, c’est
le choix du coeur. A chaque fois qu’on m’a appelé, je
ne me sentais pas prêt.
Là, le contrat a été discuté en
deux trois minutes. C’est spécial pour moi, car j’ai
le sentiment d’avoir été au début de l’aventure de
ce club en tant que joueur, j’y ai vécu beaucoup de
choses. C’était donc logique que je vienne rendre un
peu, donner un coup de main dans une période…
(il hésite) pas difficile, mais limite. Nous ne sommes
pas qualifiés en Ligue des champions, ni même en
Coupe d’Europe. J’ai signé sans aucune exigence. Je
n’ai rien demandé.»
Le challenge est énorme et difficile. «Nous voulions quelqu’un à l’image de Bordeaux, avec de la compétence, de la personnalité, un passé respecté, le goût d’un certain football et du jeu…» Laurent Blanc avait mis la barre très haut. Tigana a en plus l’expérience, la connaissance du club, sans oublier le goût de la formation. Et des méthodes différentes, plus de discipline pour un groupe meurtri par ces derniers mois. Car la réalité est là. Sans Coupe d’Europe, le manque à gagner est de 25 millions d’euros. Et le bilan est sans détour. En trois ans, Bordeaux est monté très haut, mais il est redescendu en six mois plus bas que son point de départ, en 2007. Et c’est au successeur d’assumer. Avec quel style de jeu ? [...]
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