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Floria Gueï : « Zürich, je n’oublierai jamais »

Nolwenn Le Gouic / Icon Sport
Son incroyable exploit lors des Championnats d’Europe de Zürich en 2014 l’avait fait rentrer dans la grande et belle histoire du sport français. À 28 ans, Floria Gueï espère désormais écrire une nouvelle page de l’athlétisme tricolore cet été à Berlin…

 

Floria Gueï, vous êtes actuellement en pleine préparation. Comment allez-vous et comment vivez-vous cette période ?

Je vais très bien, je me prépare, je serai en forme pour les échéances importantes. Ce n’est que de l’entraînement. On teste, on voit. Il n’y a que les séances lactiques qui sont un peu plus désagréables. Mais, en règle générale, ça ne me dérange pas plus que cela. Après, c’est clair que la compétition me manque. D’autant que je n’ai pas vraiment fait de saison en salle, j’ai seulement fait quelques sorties sur 200 pour tester la vitesse. J’ai hâte de voir ce que mes performances vont donner en conditions réelles, quels réglages sont encore à faire.

À 28 ans, vous avez vécu de grands moments dans votre carrière. Êtes-vous satisfaite de ce que vous avez déjà accompli ?

Non, pas encore, même si je sais qu’il faut avancer étape par étape. Avoir une médaille en individuel au niveau européen et au niveau mondial avec le relais 4x400m, c’est déjà bien, j’en suis consciente. Mais j’aimerais vraiment rentrer dans une finale mondiale, c’est un réel objectif. Le titre européen en extérieur est également important pour moi. Et puis il y a les JO, c’est ma finalité, tout simplement.

Le 17 août 2014, vous marquiez l’histoire de l’athlétisme français en remportant le relais 4x400m au prix d’une dernière ligne droite d’anthologie…

C’est vrai. Cette course a été un déclic, c’est là que je me suis rendu compte que j’avais une certaine marge de progression et qu’il me restait de belles choses à faire, à accomplir. Je n’oublierai jamais ce moment, c’est l’une de mes plus belles émotions avec mon titre en individuel. D’autant que deux jours avant, je pleurais de tristesse après ma déception en individuel. Et là, je me retrouve à pleurer de joie après cette course, c’est un moment vraiment particulier pour moi.

Cette course vous a clairement propulsée dans un autre monde. Cette situation a-t-elle été difficile à gérer ?

Le fait d’être populaire du jour au lendemain, c’est vrai que ça m’a fait bizarre. Après, comme je dis souvent, je suis assez bien entourée pour savoir que je n’avais encore rien fait, qu’il fallait que je continue à faire mes preuves. J’ai toujours gardé les pieds sur terre, mon entourage a eu beaucoup d’importance.

Une victoire en relais, ce sont des émotions différentes d’un titre en individuel ?

Courir pour l’équipe, ça donne un petit stress supplémentaire, d’autant que j’étais la dernière à partir. La responsabilité est énorme, tes coéquipières comptent sur toi. Ce jour-là, les choses étaient très claires dans ma tête, je savais que je n’avais plus rien à perdre. Partager ces émotions avec ses amies, c’est magique.

Quelles seront vos ambitions pour cette année 2018 ?

Le titre européen sera l’un de mes gros objectifs de la saison, je me prépare et je donne tout pour être performante sur cette compétition. J’aimerais également battre mon record, me faire plaisir. Je veux réaliser ce que je n’avais jamais réussi auparavant.

On imagine qu’un Championnat d’Europe nécessite une préparation très particulière…

Oui, c’est une grosse préparation en amont, que ce soit d’un point de vue physique ou psychologique. Mais je prends vraiment étape par étape, meeting par meeting. Je ne veux pas brusquer les choses, je vais me mettre en condition au fur et à mesure.

D’autant que vous sortez d’une année assez difficile, marquée notamment par une blessure qui vous a privée des derniers Mondiaux à Londres…

Oui, c’est évident que la compétition me manque beaucoup. J’ai vraiment été frustrée ces derniers mois, je veux reprendre du plaisir avant toute chose. Quand on est athlète, mais que l’on est privée de cette activité, c’est difficile. Je suis impatiente de revenir, de retrouver les sensations. Et encore une fois, le plus important, ce sera de reprendre du plaisir sur la piste.

Même s’il vous reste de belles années sportives, la reconversion est-elle déjà dans un coin de votre tête ?

Oui, bien sûr. Ce sera un peu comme une deuxième vie. J’ai fait des études dans le commerce international. Dans mon idée, j’aimerais travailler à l’étranger, dans l’import-export. En tout cas, je souhaite rester dans le monde des voyages.

Avant cela, il y aura de grands événements sportifs dans les prochaines années. Quelles sont vos attentes ?

Le point de mire, c’est Tokyo. Même si les Championnats d’Europe de cet été seront très importants, les JO sont ma finalité. C’est la compétition dont tous les athlètes rêvent, il n’y a rien de plus beau.

On vous verra donc en 2024 à Paris !

Pour être très sincère, ça me paraît encore assez loin. Il faudra voir, il n’y a rien de fixé. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer dans la vie. Mais, c’est clair que le fait que ce soit en France, ça donne envie de le vivre. On verra bien !

La « MGEN Académie », une pépinière de talents sportifs

Très impliqué dans le sport de haut niveau autour de ses ambassadeurs Martin Fourcade et Floria Gueï, de ses partenariats avec le Comité national olympique et sportif français, les Étoiles du Sport, l’UNSS ou encore l’USEP, le groupe MGEN a lancé ces derniers mois une académie de jeunes espoirs du sport français (valides et handisport). À ces futurs champions l’Académie permet d’obtenir un soutien financier, mais également de bénéficier d’une cellule d’échange et de partage d’expérience. En échange de son soutien, MGEN invite les membres de l’Académie à participer régulièrement à des interventions auprès des adhérents MGEN et des scolaires, pour promouvoir le sport dans toutes ses dimensions : sanitaire, éthique, collective et citoyenne. La MGEN Académie bénéficie de l’expertise et de l’accompagnement de Marie-José Pérec (triple championne olympique), Martin Fourcade (quintuple champion olympique) et Floria Gueï (championne d’Europe du 400m).

A découvrir en intégralité > Le numéro SPORTMAG de juin

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