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« Il ne faut pas perdre de temps »

FDF

Le dodgeball, ce sport ne vous dit peut-être rien. Et pourtant, vous l’avez sûrement pratiqué lorsque vous étiez plus jeune. Variante sportive de la balle aux prisonniers, le dodgeball est aujourd’hui encore méconnu en France. Un retard de développement qu’espère combler Vincent Renaud, le président de la FDF…

Vincent Renaud, tout d’abord, qu’est-ce que le dodgeball ?
Le dodgeball tire son essence du jeu de cour de récréation que tout le monde connaît, la balle aux prisonniers. C’est tout simplement la discipline sportive de ce jeu. On y rajoute quatre balles pour en avoir cinq simultanément, ce qui permet d’accroître le dynamisme du sport. On réduit également un peu les distances pour lancer les balles sur les adversaires. Avec ces deux règles, on obtient une discipline sportive qui permet de jouer à six contre six en compétition officielle, dans une zone à peu près similaire à un terrain de volley. Les équipes peuvent être mixtes, avec trois hommes et trois femmes, ou seulement entre hommes ou femmes.

Depuis quand existe la Fédération de Dodgeball Français (FDF) ?
Elle existe depuis quatre ans, alors que les premiers clubs ont vu le jour il y a six ou sept ans. Au départ, il n’y en avant que un ou deux mais depuis la création de la Fédération, nous avons un club par an qui se monte. Quant aux licenciés, nous en avons environ 200.

Le dodgeball est encore méconnu en France. Quelles sont les pistes de développement ?
Dire que le dodgeball est méconnu est un euphémisme, il est malheureusement inconnu en France. Alors qu’en Angleterre par exemple, tout du moins dans les pays anglo-saxons, on ne joue pas au handball mais au dodgeball. Notre développement passera avant tout par la communication, ou encore par notre présence lors de manifestations sportives qui font découvrir des sports émergents. Et puis, chaque fois que nous arrivons à monter un nouveau club, nous devons tout faire pour ramener des jeunes, notamment dans les écoles primaires. Il faut se servir du levier qu’est la balle aux prisonniers, et qui est très populaire chez les jeunes. La médiatisation et cette politique de formation constituent clairement les deux axes prioritaires.

Le développement important de la discipline en Angleterre doit vous donner de l’espoir…
Oui, bien-sûr. Surtout quand je vois les championnats universitaires qui sont composés de plusieurs niveaux et plusieurs ligues. En Angleterre, il y a une centaine de clubs pour plusieurs milliers de licenciés. Le dodgeball, c’est véritablement le handball britannique. Aux États-Unis, une ligue est même professionnelle.

Le dodgeball est reconnu par le Ministère des Sports en Angleterre. L’être également par le Ministère des Sports français serait une très belle opportunité de développement ?
Oui, ce serait un tremplin exceptionnel pour notre sport. Maintenant que la nouvelle législature est établie, notre Ministère des Sports ne devrait plus bouger pendant quelques années. On va bien évidemment prendre un rendez-vous avec Madame Flessel, pour voir quelles pourraient être les conditions. Nous sommes en train de monter un dossier, mais il faut absolument le faire vite car il y a des horizons olympiques à ce sport. Le Président de la Fédération Internationale rencontre depuis quelques mois des membres du CIO. Le dodgeball est en cours d’accréditation, donc il ne faut pas perdre de temps. À travers le monde, ce sport est tout de même pratiqué par plusieurs millions de personnes. Nous ne pouvons pas rater ce moment décisif.

Un mot également sur le film « Dodgeball », sorti il y a une dizaine d’années. Est-ce une bonne publicité pour la discipline ?
Nous n’avons pas les moyens de renier toutes les publicités possibles (rires). Sérieusement, nous le prenons avec grand plaisir. Ce n’est pas nécessaire de rappeler aux gens que c’est un film loufoque et farfelu, ils le verront par eux-mêmes. Toute publicité est bonne à prendre et s’ils veulent faire le numéro deux, ce sera avec plaisir.

Vous lancez donc un appel à Ben Stiller pour qu’il tourne le deuxième opus en France !
Exactement. Nous avons de superbes studios en France, en Seine-Saint-Denis je crois. Donc j’appelle officiellement Ben Stiller à tourner Dodgeball 2 en France !

Que peut-on vous souhaiter pour les prochains mois ?
De vivre une belle Coupe d’Europe à Glasgow du 18 au 20 août. Les demi-finalistes seront qualifiés pour la Coupe du Monde qui se déroulera en 2018, au Madison Square Garden de New-York. On sait que ce sera très dur car la compétition est très relevée, mais ce serait vraiment formidable. On donnera tout pour y arriver !

Propos recueillis par Bérenger Tournier

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