Hamza Aarab : « Finir sur quelque chose de beau »
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Hamza Aarab : « Finir sur quelque chose de beau »

MMF

Promu dans l’élite de la discipline, Montpellier Méditerranée Futsal est en passe de rentrer dans l’histoire. Mais bien au-delà de la réussite sportive qui pourrait propulser le club au sommet en fin de saison, le MMF fait la fierté de tout un quartier, de toute une ville. Entretien avec le président montpelliérain, Hamza Aarab…

 

Hamza Aarab, si on vous avait dit il y a quelques mois que vous feriez cette saison, l’auriez-vous cru ?

Franchement, on savait que l’on allait faire quelque chose de bien, que l’on allait bouleverser la hiérarchie. Après, c’est clair que l’on ne s’imaginait peut-être pas que ça se passerait de cette manière. Là où je suis un peu plus surpris, c’est sur la popularité qu’a pris le club en quelques mois. Aujourd’hui, le MMF est connu en France mais également à l’étranger, comme en Belgique ou au Maroc. En début de saison, quand je voyais les personnes formidables au club, qu’elles travaillent à la communication, avec les jeunes ou encore avec les féminines, je savais que l’on allait faire quelque chose de grand.

La communication est d’ailleurs un élément très important de votre développement…

Bien-sûr. Ce sont les réseaux sociaux qui permettent de rendre visible notre travail. L’un va avec l’autre.

Tout est conforme à ce que vous aviez prévu ?

On avait planifié plusieurs choses, notamment dans l’élaboration de notre projet sur trois ans. Après, si tu planifies tout, c’est que tu as l’argent nécessaire. Ce n’est pas notre cas, il y a évidemment une part d’improvisation. On sait qu’avec les formidables moyens humains que nous mettons en place, nous pouvons faire beaucoup de choses. Mon rôle en tant que président, c’est de réunir les compétences ! Nous avons des personnes compétentes dans chaque domaine, et c’est grâce à cela que nous en sommes là aujourd’hui. Il faut d’abord que l’on se prenne au sérieux, avant que les gens nous prennent au sérieux.

Un mot sur Manolo, votre coach, qui est l’un des principaux acteurs de votre réussite…

Je pense que l’on a le meilleur entraîneur, tout simplement. Et puis, il correspond parfaitement à l’esprit du MMF. Au-delà de ses énormes qualités professionnelles, son côté profondément humain est parfait pour le club. Je me souviens qu’un dirigeant d’un autre club m’avait dit que j’avais fait un coup de maître en prenant Manolo. Tout le monde reconnaît ses qualités.

Comment voyez-vous cette fin de saison ?

Notre ambition, c’est de finir sur quelque chose de beau. Je n’ai pas d’objectif précis, c’est d’ailleurs ce que j’ai dit aux joueurs. Je veux juste que l’on donne notre maximum pour qu’à la fin, nous soyons satisfaits de tout ce qui a été réalisé. On a déjà réalisé un magnifique parcours, maintenant, c’est la cerise sur le gâteau. Ce ne sera pas facile, mais on va tout donner, et bien au-delà du MMF, c’est pour le Futsal en général que l’on va se battre. Si on reçoit à l’Arena, on espère réunir 5 000 personnes. On veut faire quelque chose de grand, il y a un engouement autour du club, on va tout donner. Même avec un budget de club de quartier, on veut montrer que l’on est capables d’organiser un événement de manière tout à fait professionnelle. Il faut envoyer un message fort.

On sait que le club manque cruellement de moyens. Votre réussite peut-elle vous permettre de trouver des solutions ?

Bien-sûr. On nous a toujours dit de prouver, je crois que c’est ce que l’on fait depuis le début de saison. On a prouvé à tout le monde que l’on pouvait faire de grandes choses. Il faut quand même savoir que l’on est le RSA des clubs de haut-niveau dans la Métropole. On est vraiment au minimum, mais on n’a rien dit. On voulait seulement prouver. C’est aussi ce qui fait notre force, car cela nous a poussé à nous surpasser. Mais bon, ce système a ses limites. On met nos vies de côté, on s’est sacrifiés et avons dépensé une énergie énorme. Mais on ne va pas pouvoir continuer comme cela indéfiniment. Nous sommes la fierté de beaucoup de Montpelliérains, qu’ils viennent de quartiers ou pas. Tout le monde profite de nos performances, mais est-ce que l’on va pouvoir continuer comme cela ? On va se poser les bonnes questions.

On parle toujours de famille dans le club. On sent qu’au MMF, cet aspect est encore plus présent…

L’histoire du MMF, notre histoire, est née comme cela. Le club a vu le jour en 1998. Ce sont les joueurs qui ont fait monter le FC Petit Bard, qui ont créé le club. Avant d’être des coéquipiers, tous ces joueurs étaient des amis. Année après année, tous ceux qui sont arrivés ont pris cet état d’esprit, cette identité. Même les recrues s’imprègnent de tout cela. Quand ils voient tous les sacrifices que l’on fait, ils sont obligés d’adhérer. C’est une vraie famille, tout le monde le ressent. Et c’est d’ailleurs ce qui nous permet de tenir. Sans cet état d’esprit, on aurait lâché depuis déjà longtemps. On a des idées, de la qualité et l’envie de se surpasser. Les seules choses qui manquent, ce sont les infrastructures et l’argent.

Propos recueillis par Bérenger Tournier

 

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