
Le 11 mai 2012 sera désormais une date clé dans l'histoire du Stade de Reims. Avec notamment un parcours incroyable à domicile, le club champenois a signé son retour en Ligue 1, 33 saisons après l’avoir quittée. C'est un président ravi et fier de l'œuvre accomplie que SPORTMAG a interviewé.
Les propos de Jean-Pierre Caillot sont tirés d'une interview accordée à notre magazine SPORTMAG. Vous pouvez retrouver cet entretien dans les colonnes de SPORTMAG n°45 actuellement en kiosque (le plus près de chez vous), ou dès maintenant en vous abonnant ici.
SPORTMAG : Président, quels sont les sentiments qui vous animent au moment de retourner en Ligue 1 ?
Jean-Pierre Caillot : De la joie, du bonheur, de la fierté car la route a été longue. Comme tous les supporters du Stade de Reims, et il y en a beaucoup, que ce soit dans la région, en France ou dans le monde, j’étais frustré par ces 33 ans d’attente. En tant que supporter, je suis content du retour en Ligue 1, et en tant que président, je suis fier d’avoir dirigé l’équipe dirigeante et les joueurs qui ont ramené ce club en Ligue 1.
Le retour en Ligue 1 était-il programmé dans le temps ? Aviez-vous fixé un idéal de retour ?
Vous pouvez rechercher les coupures de presse. Il y a exactement neuf ans, j’avais imaginé que nous pourrions être de retour dans l’élite d’ici 10 saisons. Je ne connais pas les chiffres du loto, mais ça, au moins, je l’avais trouvé (rires). Plus sérieusement, cela n’a pas toujours été simple depuis 10 ans, mais nous nous sommes accrochés, notamment lors du retour en National ou celui dans le monde professionnel. Si nous avons réussi à tenir, c’est que l’objectif était de ramener le club en Ligue 1, de réintégrer les 20 premiers clubs français.
Où s’est jouée votre réussite cette saison d’après vous ?
Clairement, notre début de saison. Nous avons pris un bon départ et pour être sur le podium dès le début, il faut bien partir ! Avec notre expérience de la Ligue 2, nous avions dit aux joueurs qu’il fallait s’accrocher. Nous n’avions peut-être pas la meilleure équipe individuellement, mais si tout le monde se mettait au service du collectif, cela pouvait faire une aventure humaine plutôt sympa. Lorsque nous avons commencé le championnat, le calendrier nous a réservé pour nos quatre premiers matches, trois anciens pensionnaires de L1 avec notamment des déplacements à Lens et Monaco. Personne n’imaginait un tel départ (4 victoires en 4 rencontres, ndlr) et même pas nous. C’est d’ailleurs peut-être parce que l’on craignait ce début de saison que les joueurs ont mis ce petit supplément d’âme qui, au final, a fait la différence. Après les choses se sont bien gérées.
« Tout le monde va nous parler des Reims - Saint-Etienne et Reims - Marseille »
Quels furent les moments forts de la saison pour vous ?
Une saison, c’est long, et la course pour la montée, c’est une remise en question chaque semaine. En conséquence, il y a plusieurs souvenirs importants. Positifs, comme les victoires à Lens et Monaco qui lancent le championnat, mais aussi d’autres plus compliqués. La saison a été longue et éprouvante. Un championnat récompense le plus régulier et nous avons travaillé de nombreuses années pour un tel résultat.
Avec ce retour d’un club légendaire, la pression va encore augmenter…
L’attente était déjà énorme en Ligue 2, je vous rassure ! Le budget sera évidemment doublé naturellement par les droits télés. Nous ne serons pas les plus pauvres de la Ligue 1, mais on sera loin d’être les plus riches. Avec ce budget, nous allons essayer de rester des gens raisonnables. Comme vous le signalez, nous allons avoir une pression médiatique énorme. Tout le monde va nous parler des Reims - Saint-Etienne et Reims - Marseille. Nous allons essayer de garder la tête froide, comme nous avons su le faire en Ligue 2. Il y a quelques années en arrière, nous sommes tombés dans le piège, nous avons voulu faire un peu dans des noms ronflants et finalement, nous avons atterri en National. Nous allons donc tenter de reproduire le schéma de ces dernières années, c’est-à-dire travailler avec beaucoup d’humilité, en espérant que la mayonnaise prendra avec nos garçons.
Même si vous ne connaissez pas le résultat du Loto, où sera d’après-vous le Stade de Reims dans 10 ans ?
(Rires) J’espère que nous serons un club établi en Ligue 1. Je souhaite que l’on conserve cette régularité comme ces dernières années. Nous étions présents dans les 40 meilleurs clubs professionnels , il faut que dans dix ans, le Stade de Reims fasse partie de façon certaine des 20 meilleurs. J’espère que mon équipe ou que ceux qui auront pris notre succession, auront toutes les armes pour relever de nouveau challenge avec le Stade de Reims.
Propos recueillis par Jérémy Lenormand