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Rugby - MHR : Ouedraogo « On est toujours une petite équipe »

Rugby - MHR : Ouedraogo « On est toujours une petite équipe »
Date : mardi 12 juin 2012
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Le troisième ligne et capitaine de Montpellier, Fulgence Ouedraogo, nous a accordé un riche entretien quelques jours avant le quart de finale des barrages à Ernest Wallon, face à Castres (le 25 mai). L’occasion d’évoquer la saison du MHR, les recettes du succès, l’avenir et le statut de l’équipe, qui pour lui n’a pas changé malgré la qualification du groupe en H Cup pour la deuxième année consécutive.

Les propos de Fulgence Ouedragogo sont tirés d'une interview accordée à notre magazine SPORTMAG. Vous pouvez retrouver cet entretien dans les colonnes de SPORTMAG n°45, actuellement en kiosque (le plus près de chez vous) ou dès maintenant en version numérique en cliquant ici.

SPORTMAG : Quel fut l’état d’esprit du groupe au moment de se qualifier pour les phases finales pour la deuxième année consécutive ?
Fulgence Ouedraogo :
Le sentiment du devoir accompli, en sachant qu’un exploit était obligatoire à Castres. On s’était fixé cet objectif de décrocher les phases finales en début de saison, de faire partie six premiers. L’objectif était atteint.

Et pourtant, le club revenait de très loin, après un début de saison raté…
C’était d’autant plus une grande joie, surtout avec ce début de saison. Pendant un moment, on ne pensait pas figurer dans les six premiers. Au final, on s’en est bien sorti, puisqu’en novembre nous étions treizièmes. C’était une situation compliquée, mais le groupe a su faire face. On est resté soudé et on a relevé la tête.

Y a-t-il eu un déclic qui a relancé la machine ?
Les matches de Coupe d’Europe nous ont permis de trouver de l’allant et de repartir. On a retrouvé de la sérénité, de la confiance. Il nous manquait de la cohésion, et c’est ce que l’on a retrouvé lors de la H Cup. Le match contre le Leinster (16-16, le 12 novembre), le champion d’Europe en titre, nous a permis de retrouver nos bases et de nous relancer pour la suite de la saison. Même lors de la défaite à Bath (16-13, le 20 novembre), on a montré que le groupe était présent contre les meilleurs équipes européennes. Nous sommes sortis de la H Cup avec de la confiance pour le Top 14, et on a enchaîné par cette victoire contre Clermont (29-23, le 26 novembre). Ce fut une période charnière pour nous. On a réussi le test.

« Bien figurer en H Cup la saison prochaine »

Le stade de la découverte étant passé, on imagine le MHR jouer la H Cup à fond la saison prochaine…
Mais on la jouait déjà à fond cette saison ! On s’aperçoit qu’il nous a manqué peu de choses pour remporter ces matches. Ça se joue sur des détails, sur la rigueur dans les derniers gestes. L’an prochain, on va essayer de gommer ces petites erreurs-là pour essayer de bien figurer dans cette compétition géniale à jouer. On côtoie les meilleurs joueurs et les meilleures équipes européennes, ça se rapproche du niveau international, et c’est vraiment très excitant à jouer.

Plus globalement, avec cette seconde qualification consécutive, peut-on dire que le MHR a franchi un nouveau palier cette saison ?
Non, je considère que l’on fait toujours partie de la petite surprise parmi les grands. Quand on voit Toulouse, Clermont, Toulon, Castres, le Racing, ce sont des habitués. Nous, on découvre, on fait encore partie des petites équipes. Montpellier n’est pas passé du jour au lendemain de la petite équipe à la grande écurie.

Que manque-t-il à Montpellier pour changer de statut ?
Ça se fera doucement. Il faut prendre le temps. On ne devient pas un grand club du jour au lendemain. Il faut construire des bases solides, comme ce que l’on fait cette saison, en atteignant les matches de barrages, en se qualifiant pour la H Cup. On grandit petit à petit, ça se fait naturellement.

« On a encore ce statut d’outsider »

Dans ce cas, terminer devant toutes ces places fortes, c’est flatteur ?
C’est le fruit de notre travail. Maintenant, je le répète, on a encore ce petit statut d’outsider. On se prépare dans cet état d’esprit. On l’a vu l’an dernier, on est arrivé en finale, mais on aurait pu être éliminé dès les quarts à Castres. Les matches se jouent sur des pénalités en fin de match, des drops ratés après la sirène… Les matches de phase finale, ça ne tient à rien. Tout est possible, le bonheur extrême comme la déception.

Et quand votre président déclare vouloir « mettre la fessée à Clermont et Toulouse », qu’est-ce que ça vous inspire ?
(Il inspire) Ça reste les paroles du président. Avant de mettre la fessée à Toulouse, il y a du travail. Dire que l’on va battre Clermont et Toulouse, alors que ce sont les deux meilleures équipes du championnat, ce serait très prétentieux de notre part. Nous, on essaie d’être performant sur le terrain. Le reste, on le met de côté.

Le mental, c’est ça la recette de votre succès ?
Je ne sais pas. C’est un travail de chaque instant, toute la saison. Le MHR est une grande famille. Il y avait peut-être plus d’individualités que l’an dernier, mais le groupe reste encore perfectible. Il nous manque de la maîtrise dans les matches de très haut niveau. Il faut être plus fort mentalement.

« En quête d’une identité commune »

À l’image de la saison dernière, où vous aviez tout écrasé sur votre passage… ?
Exactement. Cette saison, nous étions en quête d’une identité commune. Ce groupe a besoin de se créer une histoire, à l’image de l’année dernière. L’an passé, on avait traversé beaucoup de choses ensemble, ce groupe avait vécu des moments difficiles. C’était une aventure, on a écrit notre histoire. Beaucoup de joueurs avaient partagé les mêmes histoires. Cette saison, le groupe a changé, il fallait reconstituer cet état d’esprit, se forger une histoire commune, pour être plus fort tous ensemble.

Le fait d’être revenu de loin cette saison, cela vous marquera pour construire l’avenir ?
Être revenu de si loin aide ce groupe à se forger cette nouvelle histoire. Quand je suis revenu de la Coupe du monde, je m’attendais à voir un groupe abattu. Mais en réalité, mes partenaires étaient très solidaires. Le groupe s’est resserré, il avait gardé la même ambiance, et ce fut plus facile de repartir vers l’avant.

Personnellement, votre rôle a-t-il évolué par rapport à la saison dernière ?
Non, il est toujours le même. Celui d’être présent dans les bons comme dans les mauvais moments. Ce rôle aide à gagner en maturité. Il faut beaucoup s’impliquer à l’intérieur de l’équipe. Mais c’est un boulot qui me plait et que j’assume pleinement.

Un mot sur le retour d’Eric Béchu à vos côtés en fin de saison. Le voir sur le banc a dû vous faire du bien à tous, non ?
Ce qui est arrivé à Eric nous fait relativiser pas mal de choses. On essaye de rentrer sur le terrain en pensant à lui, en se donnant à fond comme lui le fait. On a cet état d’esprit. Gagner des matches lui fait du bien, la victoire lui donne le sourire et du plaisir dans la maladie. On relativise aussi beaucoup les défaites dans ces moments-là…

Propos recueillis par Victor Guilloteau

 
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