
La native de Chambéry est revenue dans sa région en juin dernier, en signant à Challes-les-Eaux après deux saisons à Bourges. Anaël Lardy vit une belle année avec son club de cœur, et peut rêver d’accrocher un titre. Disponible et agréable, la meneuse s’est confiée à SPORTMAG pour faire un premier bilan à mi-saison.
Les propos de Anaël Lardy sont tirés d'une interview accordée à notre magazine SPORTMAG. Vous pouvez retrouver cet entretien dans les colonnes de SPORTMAG n°41, actuellement en kiosque (le plus près de chez vous) ou dès maintenant en version numérique en cliquant ici.
SPORTMAG : Anaël, Challes-les-Eaux fait la course en tête du championnat cette saison. Vous devez être très satisfaite de la première partie de saison...
Anaël Lardy :(Sérieuse) Non, déçue... (rires) Non, je rigole. Bien sûr, c'est très satisfaisant. Si l’on nous avait dit, en début de saison, que nous serions championnes d'automne, ça aurait faire rigoler tout le monde. Les premières surprises, ça a été nous, parce que nous nous sommes découvertes au fur et à mesure du championnat. Match après match, on a vu que nous étions capables de grandes choses, parce que c'est vrai que c'est quand même un beau parcours. Nous avons vraiment été agréablement surprises. Maintenant, être championnes d'automne, c'est bien, mais il y a une deuxième partie de championnat, et je pense que c'est la plus importante. Il ne faut pas se reposer sur nos lauriers, il ne faut pas penser que tout est acquis, car le championnat est encore long. Bourges a notamment récupéré toutes ses joueuses. Le vrai championnat commence maintenant. Je suis satisfaite de la première phase, mais c'est un nouveau championnat qui commence, et il faut vraiment que nous restions concentrées.
Vous avez commencé la saison par dix victoires consécutives, l’adaptation a donc été rapide...
Cela a été plutôt simple, car j'ai la chance d'avoir des coéquipières d'une très grande simplicité, qui m'ont vraiment mise à l'aise rapidement. C'est vrai aussi que je connaissais déjà pas mal de joueuses. Dans le staff, je connaissais Rachid Meziane. Cela facilitait les choses. Les trois joueuses majeures de l'année dernière ont tout fait pour que je me sente bien dans l'effectif, et cela rend les choses plus faciles. Cela a été important, car ce n'est jamais facile de trouver sa place sur le terrain quand on arrive dans une équipe. Dans les moments difficiles, je pense que l’on ressent que nous sommes un groupe où tout le monde s'entend bien. Ça peut aider dans les matches.
Vous vous disiez angoissée en début de saison, car on allait attendre beaucoup de vous. Le bon début de saison a dû vous permettre de vous sentir moins anxieuse, non ?
C'est sûr ! Je reste toujours un peu angoissée quand on joue à domicile, car ce sont vraiment des moments particuliers pour moi. J'ai toute ma famille dans les tribunes (Gilberte Falcoz, sa maman, a joué au club au début des années 90, ndlr) et c'est une sensation particulière, mais très agréable. Avec le beau début de saison, la confiance du coach et de mes coéquipières, c'est quand même satisfaisant.
« Ne pas jouer l’Eurocoupe, un mal pour un bien »
Le 5 Majeur de Challes-les-Eaux joue beaucoup. L’apport du banc reste très limité, il faut prier pour ne pas avoir de blessure...
Tout à fait, c'est exactement ça ! Contre Le Hainaut Basket, on a eu un peu peur parce que Mistie Mims s'est fait mal à la fin du match. Pendant la préparation, il y a Romy Bär qui s'est fait une entorse au retour de Noël, donc elle ne s'est pratiquement pas entraînée avant de jouer. Pour nous, c'est sûr que la moindre blessure nous pénalise. Maintenant, on ne va pas pleurer sur notre sort. On savait qu'avec sept joueuses seulement, on pouvait le payer à un moment donné. La chance qu'on a eue, c'est qu'on a refusé de jouer l'Eurocoupe. Au début, tout le monde a tiré la tronche, mais maintenant, nous sommes bien contentes de ne pas l'avoir eue, parce que quand les vacances de Noël sont arrivées, tout le monde était fatigué. Là où on a réussi à gagner certains matches, c'est parfois grâce à l'absence de Coupe d'Europe, contrairement à certaines équipes qui, elles aussi, n'ont que sept ou huit joueuses, et qui ont tiré sur la corde. Cela a été un mal pour un bien. Mais on sait que s'il y a une blessure dans notre 5 Majeur, ce sera compliqué.
Cette absence de Coupe d’Europe peut-elle être un avantage par rapport à vos concurrents pour le titre ?
C'est vraiment un avantage, car on n'a qu'un seul match par semaine, et on a toute la semaine pour le préparer. Quand le match arrive, on donne vraiment le maximum de nous-mêmes, car c'est notre seul objectif. En ayant vécu cette expérience à Bourges, d'avoir l'Euroligue et le championnat, c'est vrai que les matches s'enchaînent. Le goût de la compétition n'est pas le même, les préparations de matches sont différentes, c'est difficile de se battre sur deux tableaux. Cela explique aussi notre première place. Maintenant, nous commençons à être fatiguées, je pense que dix jours de vacances ce n'est pas assez pour que le corps récupère entièrement. On va avoir de petits pépins, et on verra comment ça se passe. On a pris ce qu'il y avait à prendre jusqu'à présent, maintenant, j'espère qu'il ne va pas nous arriver de malheurs.
L’objectif du club, c’est de terminer dans le Top 4 ?
Oui, c'est ça. Notre objectif de début de saison, ce n'était pas la première place. C'était d'accrocher le Top 4, et de décrocher l'Euroligue ou une autre Coupe d'Europe. Maintenant, quand on finit en tête de la première phase, on a envie d'arriver au titre. L'objectif du club, c'est d'être au moins dans les quatre premières équipes, et on va se battre pour ça.
« Protéger notre terrain »
Quel type de coach est Aldo Corno ?
C'est plutôt un sanguin, c'est un Italien (rires). C'est quelqu'un qui vit les matches. Il y a des coups de gueule, mais il sait aussi encourager. C'est agréable d'être coachée par quelqu'un comme ça, parce qu'il est à côté de ses joueuses.
Quels sont vos principaux rivaux pour le titre ? Lattes Montpellier et Bourges ?
Oui, je pense que pour le titre, ça va être la bataille entre Lattes Montpellier, Bourges, Mondeville aussi qui actuellement fait un très beau parcours et qu'on n'attendait pas à ce niveau-là, et nous (sourire). C'est un championnat assez ouvert, il peut encore y avoir de belles surprises, car dans certaines équipes, il y a eu pas mal de blessures en début de saison. Je pense qu'il faudra attendre la dernière journée pour savoir qui sera premier et qui sera dernier.
Cette saison, il n’y a pas de petites équipes. Même les promus se débrouillent bien...
Chaque match est important, que ce soit à domicile ou à l'extérieur. Nous, notre priorité, c'est vraiment de gagner tous nos matches à domicile, car à l'extérieur, dans chaque salle, ce sera un match difficile. On doit protéger notre terrain. C'est ça qui est bien dans notre championnat, c'est que toutes les équipes sont capables de se battre. Cela rend le championnat de France encore plus intéressant.
Individuellement, comment jugez-vous votre début de saison ?
J'ai mis pas mal de temps à me mettre en route. Ce n'est jamais simple d'arriver comme un cheveu sur la soupe dans un nouveau club. Les filles, l'année dernière, sont arrivées dans le Top 4 du championnat. Elles ont déjà prouvé quelque chose l'an dernier, et ce n'est jamais simple d'arriver dans une équipe comme ça, où il y a des joueuses majeures qui se sont imposées. Elles m'ont vite mise à l'aise, après, c'était à moi de les faire profiter de mon expérience acquise à Bourges. Cela n'a pas été simple, mais j'ai pris mes marques petit à petit. Je suis plutôt satisfaite, je suis sur la bonne voie pour cette deuxième partie de saison. On peut toujours mieux faire, surtout que je suis très exigeante envers moi-même, donc satisfaite, mais peux mieux faire.
Que peut-on vous souhaiter pour 2012 ?
Un titre avec Challes, et peut-être une place avec l'équipe de France.
Propos recueillis par Simon Bardet