Nos vidéos par thème :

Joris Daudet, génération Londres 2012

Joris Daudet, génération Londres 2012
Date : mercredi 08 février 2012
COMMENTAIRES

Difficile d’imaginer que le jeune homme qui me fait face, un peu réservé, sympathique et attentif, sème la terreur sur les pistes de BMX à travers la planète. A presque 21 ans (il les aura ce mois-ci), Joris Daudet a pourtant tout gagné cette saison, affolant les statistiques, dégommant les records. Champion du monde, champion d’Europe, champion de France, vainqueur de la Coupe du monde ! Stop, n’en jetez plus ! Le Charentais, installé à Bordeaux et qui porte haut sur les podiums les couleurs du Stade Bordelais BMX, n’est pas du tout rassasié, bien au contraire. Le vélo « l’amuse » toujours autant, et puis, 2012, c’est l’année des Jeux Olympiques de Londres. Evidemment, on pense à l’or et on n’est pas les seuls. Pourtant, aberration ou protection involontaire, Joris Daudet n’est pas qualifié automatiquement. Comme les copains, il va donc appuyer sur les pédales.

Les propos de Joris Daudet sont tirés d'une interview accordée à notre magazine SPORTMAG. Vous pouvez retrouver cet entretien dans les colonnes de SPORTMAG n°41, actuellement en kiosque (le plus près de chez vous) ou dès maintenant en version numérique en cliquant ici.

SPORTMAG : A 20 ans, vous êtes déjà habitué à gagner, familier des premières places. Il vous reste des challenges, quand même ?
Joris Daudet :
L’an dernier, ça a vraiment bien marché pour moi. Maintenant, je suis tourné vers les Jeux. Mais pour aller à Londres, je dois d’abord réaliser une belle saison. Les Jeux Olympiques, c’est un beau challenge, non ? Mais avant, il va falloir que j’essaie de me qualifier ! Oui, ça paraît dingue, dit comme ça, mais c’est la réalité. Etre champion du monde ne vous assure aucunement d’aller aux Jeux Olympiques. En même temps, j’en ai discuté avec pas mal d’autres sportifs d’autres disciplines, qui disaient que c’était pareil pour eux. Ils avaient des minima à faire. Moi, je n’ai pas de minima, mais je dois être bien classé en championnat pour attirer l’attention du sélectionneur. Regardez, les handballeuses ont été finalistes aux championnats du monde et ne sont pas qualifiées. C’est la loi du sport, comme on dit, et je l’accepte.

Votre titre vous a offert une nouvelle notoriété ?
(Gêné) Disons que cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu de titre de champion du monde de BMX français*, donc ça a un peu marqué les gens qui aiment ce sport. C’est vrai qu’on me sollicite un peu plus. J’ai des sponsors qui me suivent.

* Le dernier était Thomas Allier, champion du monde en 2000.

Vous venez d’être élu sportif aquitain de l’année par France 3 et Radio France, devant Jérôme Fernandez et Boris Diaw...
(Encore plus gêné) Les médias français me suivent et les gens sont sympas, ça m’encourage. A Bordeaux, on parle un peu de moi. Mais ça ne me perturbe pas. Je suis toujours aussi motivé pour aller à l’entraînement, même quand il fait froid ! Pourquoi ? Ce n’est pas très compliqué. Parce que j’aime ce que je fais. A partir de là, c’est facile d’aller tous les matins à l’entraînement et de m’amuser sur mon vélo.

Vous parlez d’amusement, sérieux ?
Parce que je m’amuse vraiment, j’adore ce que je fais. J’ai mis mes études entre parenthèses pour ça. J’ai eu mon Bac, puis j’ai fait quelque chose qui ne me plaisait pas vraiment. Du coup, j’ai arrêté et décidé de tenter le coup et de me consacrer au BMX, en pensant à Londres et aux Jeux Olympiques. Je ne sais pas si c’est vraiment un choix risqué, même si je ne peux pas encore vivre du BMX. J’ai mes parents qui sont derrière moi, et m’aident au quotidien, donc c’est un peu facile ! Après Londres, je devrais aller aux USA. Là-bas, on peut vivre du BMX. C’est mieux organisé, il y a un circuit pro, plus de compétitions et plus d’argent sur les compétitions. On peut donc en vivre.

Comment ça va se passer, jusqu’aux Jeux ?
On vient de finir la phase de préparation, qui n’est pas celle que je préfère (rires). Tous les jours, c’est footing, muscu, vélo de route, des phases où on ne s’amuse pas tellement. Mais on est un bon groupe au Stade Bordelais, on s’entend bien, et le fait de travailler ensemble nous motive. Du coup, on supporte mieux quand c’est difficile, et quand je reprends mon vélo, je suis content et c’est bien là l’essentiel. En janvier, c’est une autre préparation en Afrique du Sud, puis un retour avec des tests avec l’équipe de France à Aix. Puis le départ aux USA.

Les Jeux, cela signifie quoi pour vous ?
Les Jeux Olympiques, c’est tout simplement énorme. Je me souviens, il y a quatre ans, je me levais pour voir toutes les épreuves, je regardais ça à la télé, mais dans le même état d’esprit que vous ! Un fan de sport qui rêvait devant le BMX. Les Jeux, c’est un rêve de gosse, mais pour être tout à fait honnête, c’est toujours un rêve. A quelques mois, je ne me rends pas bien compte, j’ai l’impression qu’on parle d’un autre. Franchement, je n’ai jamais imaginé que ça pourrait m’arriver. Je faisais de la compétition mais, par exemple, à Pékin, je regardais les pilotes sans penser une seconde à moi. Les gens me parlent souvent de l’événement et au fur et à mesure de la saison, je vais réaliser. Ce sera plus de stress, mais j’ai un bon entourage qui va me permettre de relativiser et de bien gérer, j’espère. C’est important, il ne suffit pas d’y être. L’an dernier, j’ai participé à la semaine olympique à Courchevel. J’ai eu l’occasion de pas mal discuter avec d’autres sportifs qui ont vécu ça, comme Romain Mesnil par exemple. Cela a été une belle expérience, car ils nous ont fait partager leur ressenti, leur expérience. J’ai trouvé ça très enrichissant et je suis sûr que ça va me permettre de m’aider à mieux le vivre.

Propos recueillis par Lawrence Leenhardt

 
COMMENTAIRES



 
NOUVEAU COMMENTAIRE:
Nom:
E-Mail

VOTRE COMMENTAIRE:
Idées cadeaux