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L1 - Brest : Nolan Roux se confie à SPORTMAG

L1 - Brest : Nolan Roux se confie à SPORTMAG
Date : lundi 09 janvier 2012
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Il est l'un des attaquants dont le potentiel impressionne le plus les observateurs en Ligue 1. A 23 ans, Nolan Roux est l'atout numéro un du Stade Brestois et nombreux sont ceux à lui prédire un avenir doré dans le monde du ballon rond. Proche de s'envoler vers Schalke 04 lors du mercato estival, l'avant-centre est finalement resté en Bretagne pour le plus grand bonheur d'Alex Dupont et sa bande. Après un début d'exercice mitigé sur le plan comptable, l'ancien international Espoirs retrouve toute son efficacité. Il s'est longuement confessé à SPORTMAG au lendemain d'un doublé providentiel inscrit face à Saint-Etienne début décembre.

Les propos de Nolan Roux sont tirés d'une interview accordée à notre magazine SPORTMAG. Vous pouvez retrouver l'intégralité de cet entretien dans les colonnes de SPORTMAG n°40, actuellement en kiosque (le plus près de chez vous) ou dès maintenant en version numérique en cliquant ici.

Après une période de mutisme, tu as inscrit un doublé face à Saint-Etienne (2-2). Peut-on parler de déclic ?
Je l'espère ! J'avais inscrit un doublé contre Caen en Coupe de la Ligue en début de saison avant de trouver le chemin des filets face à Ajaccio. J'ai ensuite enchaîné sur une période de mutisme qui a duré plus de dix matches... Marquer deux buts à domicile, c'est toujours plaisant. Mes efforts sont récompensés mais il ne faut pas s'arrêter là. Ce n'est pas une fin en soi.

Comment expliques-tu ce manque d'efficacité que tu as connu ?
J'ai vraiment manqué de réussite. Après, j'ai connu non pas une période de doute, mais d'agacement. J'ai raté plusieurs belles occasions et je voulais marquer à tout prix. Dans ce genre de situation, on ne fait pas toujours les meilleurs choix en étant notamment trop focalisé sur le but. J'espère que mon doublé sera un déclic mais il faut rester vigilant et concentré car le doute peut revenir à tout moment.

Au niveau statistique, tu es en avance par rapport à l'an dernier sur ton tableau de marche (6 buts inscrits en Ligue 1 en 2010/2011). Quels sont tes objectifs en termes comptables cette saison ?
La saison passée, je m'étais fixé un objectif de dix buts que je n'ai pas réussi à atteindre. Donc cette année, j'ai décidé de ne pas m'arrêter sur un chiffre. Je ne sais pas si c'est une qualité ou un défaut, mais dès lors que j'entre sur un terrain, je suis obsédé par le but, ce qui m'amène à ne pas toujours faire les choix les plus judicieux. Il faut maintenant que j'entretienne ma dynamique, que je ne perde pas le fil conducteur. Je vais déjà m'atteler à atteindre mon total de l'an dernier, le reste ne sera que du bonus.

Tu as déjà été comparé à des attaquants de renom, comme Filippo Inzaghi, David Villa ou Fernando Torres. Duquel te sens-tu le plus proche ?
Inzaghi, c'est plutôt un joueur de surface. Moi, j'aime vraiment m'investir dans le jeu. David Villa m'impressionne par sa qualité de déplacement et ses appels, c'est une vraie référence à ce niveau. Pour moi, c'est le meilleur. Torres, lui, n'est pas dans une grande forme mais j'apprécie également son style de jeu.

« A Lens, je me suis résigné à ne pas jouer »

Ton père est dans le milieu du football. Dès lors, as-tu toujours voulu suivre ses traces ou as-tu été poussé dans cette voie ?
Au départ, le football, c'était plus une activité de détente que je pratiquais avec les copains. C'était une passion comme une autre, je faisais même du judo en parallèle. Ça a commencé à devenir sérieux quand on m'a proposé de rejoindre le centre de formation du RC Lens. Je n'allais pas là-bas pour perdre mon temps mais bien pour en faire mon métier. Pour en revenir à la question, je n'ai eu aucune pression de la part de ma famille, qui m'a toujours laissé tracer ma route.

Tu signes ton premier contrat professionnel à Lens. Malgré des débuts encourageants, avec un but lors de ton premier match, tu es écarté. Que s'est-il passé à l'époque ?
Je n'ai jamais eu d'explication. Je sais que le Racing se devait de remonter, et à l'époque, il y avait de la pression autour du club, le contexte n'était pas idéal pour lancer des jeunes. Je n'ai pas vraiment compris car l'aventure partait sur de bonnes bases et du jour au lendemain, j'ai été envoyé en CFA sans avoir le droit de m'entraîner avec le groupe professionnel. Cela a été une période difficile à vivre car je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait. Je me suis résigné à ne pas jouer, j'étais un peu fataliste. Brest est ensuite arrivé et tout s'est décanté pour moi donc cet épisode lensois aura finalement été un mal pour un bien. Je n'ai aucun regret, même si le manque de communication m'a un peu perturbé.

Tu rejoins ensuite Brest pour te relancer. Comment s'est déroulé ton transfert en Bretagne ?
Au départ, je devais m'engager avec Gueugnon avec qui nous avions trouvé un terrain d'entente. Mais le lendemain, Brest appelle en précisant que mon agent s'est rendu là-bas pour faire signer Bruno Grougi et que l'entraîneur, Alex Dupont, est intéressé par mon profil. L'affaire s'est conclue très vite et je me suis rendu dans la foulée signer mon contrat en Bretagne. Le challenge était intéressant, j'y suis allé les yeux fermés.

« Schalke 04 ? Ça me servira de leçon »

Après une première saison brestoise probante, arrive l'épisode Schalke 04 l'été dernier et un transfert avorté...
Je me suis projeté trop vite là-bas. Je me voyais déjà évoluer avec l'équipe allemande alors que rien n'était encore signé. J'ai été déçu que la transaction ne se fasse pas sur le coup. Ça a fait beaucoup parler car ça ne devait pas prendre une telle ampleur. En fait, je ne savais pas comment fonctionnait véritablement le mercato, je n'avais jamais connu ça. Le fait qu'un club confirme son intérêt et que l'affaire devienne sérieuse a fait que j'ai un peu perdu pied, je ne savais plus trop comment agir. Inconsciemment, ça a pu jouer sur mon début de saison. Ça me servira de leçon. J'en ai tiré pas mal de conclusions, je sais désormais comment se passe une période de transferts. Il faut toujours rester concentré car tout peut aller très vite, dans un sens comme dans l'autre.

Quand Schalke 04 a manifesté son intérêt, quels ont été les conseils de ton entourage ?
J'ai eu un peu toutes sortes de réactions. Les amis me félicitaient, me disaient qu'ils étaient contents pour moi. Après, la décision finale me reviendra toujours, personne ne décidera à ma place. J'ai malgré tout beaucoup parlé avec mon père et mon agent. J'ai choisi de répondre favorablement à l'intérêt de Schalke 04 car sportivement, le challenge était intéressant. Évoluer avec des joueurs du calibre de Raul ne peut qu'être enrichissant dans une carrière. Ça ne s'est pas fait en raison de la clause présente dans mon contrat et j'ai tourné la page assez vite.

Comment s'est alors passé ton retour dans le groupe ?
Cet épisode a pris de l'ampleur sur le plan médiatique. Mes coéquipiers avaient suivi cela de près et ils m'ont réservé un excellent accueil quand je suis revenu. Ils ont même inventé un petit chant pour fêter mon retour, pour rigoler ! Je connais ce groupe avec lequel je m'entends très bien et au sein duquel je me sens à l'aise. Rester à Brest, ce n'était pas une corvée, loin de là !

Parlons de l'équipe de France, est-ce un objectif pour toi à plus ou moins long terme ?
Non, ce n'est pas dans ma tête. Je ne me lève pas tous les matins en pensant à atteindre l'équipe de France. Si cela doit arriver, c'est une chose qui se fera naturellement en fonction de mes performances en club. Mais je sais pertinemment que pour devenir international, il faut parcourir un sacré bout de chemin. Je suis encore loin d'être au top donc une éventuelle convocation n'est pas d'actualité.

Que te manque-t-il pour pouvoir espérer frapper à la porte des Bleus ? Un club qui truste le haut du tableau, comme pour Olivier Giroud, qui épouse une trajectoire de carrière assez semblable à la tienne, avec Montpellier ?
Montpellier est en haut en grande partie grâce à lui. Au regard de ses performances, de ce qu'il montre depuis le début de saison, ça m'aurait fait ch.... pour lui s'il n'avait pas été appelé en équipe de France. Ce n'est pas forcément le club dans lequel on évolue qui nous offre un tremplin pour les Bleus mais plutôt nos prestations individuelles. Il faut être fort et régulier dans les performances. Et aujourd'hui, je ne peux pas dire que je suis vraiment performant.

Suis-tu avec assiduité les performances des Bleus ? Que penses-tu du projet instauré par Laurent Blanc depuis son arrivée à la barre ?
Je regarde bien sûr les matches. Je trouve qu'il y a une amélioration dans le jeu. Maintenant, on voit des occasions. Il y a encore du travail, l'équipe connait encore logiquement des difficultés par moment. Cette équipe de France, je l'aime bien. Les joueurs apparaissent motivés dans une équipe qui veut aller de l'avant. Cette sélection est sur la bonne voie.

L'arrivée des Qataris et de leurs pétrodollars a bousculé le paysage du football français...
Avoir une grosse équipe à Paris, qui est la capitale, c'est pour moi quelque chose de normal. C'est le cas dans toutes les autres capitales européennes. Pour nous, c'est toujours motivant de pouvoir se frotter à une telle formation. C'est une bonne chose pour le football français de posséder une locomotive qui puisse attirer des joueurs qui étaient auparavant inaccessibles comme Javier Pastore. Aujourd'hui, on entend parler d'une éventuelle arrivée de David Beckham au Paris Saint-Germain, chose qui était totalement utopique il n'y a pas si longtemps... Tout cela rehausse le prestige et l'image de marque de la Ligue 1.

As-tu des références au niveau du football étranger ?
Je ne suis pas supporter d'une équipe en particulier même si, sans être original, j'aime énormément ce que fait le FC Barcelone. J'adore le championnat anglais car c'est tout simplement le plus spectaculaire. Il y a du suspense et des retournements de situations parfois improbables ! C'est en tout cas un vrai régal pour les attaquants. La ferveur du public anglais, qui est perceptible même derrière son écran de télévision, est également impressionnante. La Premier League est vraiment attirante, c'est un championnat qui respire le football !

Quels sont les joueurs d'hier et d'aujourd'hui qui t'ont le plus marqué ?
Quand j'étais plus jeune, j'étais admiratif devant ce que pouvaient faire Ronaldo, George Weah ou Jean-Pierre Papin. A l'heure actuelle, celui qui sort le plus du lot selon moi est Zlatan Ibrahimovic. Malgré sa grande taille, il est très technique, adroit devant le but. Son physique parle de lui-même. C'est un attaquant ultra-complet que je prends plaisir à voir évoluer.

Ta vie quotidienne à Brest doit être différente de celle connue à Lens...
Je me suis intégré immédiatement ici. Les gens sont vraiment accueillants. On parle souvent de la pluie en Bretagne mais je vous rassure, on s'y habitue rapidement. J'aime la qualité de vie offerte par Brest, avec la mer toute proche. Cette ville a du caractère, elle dégage quelque chose et je m'y sens bien. Je m'y suis attaché.

Il paraît qu'on peut te croiser sur des bateaux de pêche en dehors du terrain...
Oui, je fais beaucoup de bateau et de pêche. J'ai eu la chance de rencontrer une personne qui participe au championnat de France de pêche en mer et qui m'a initié à sa passion. C'est une activité sportive et physique, j'ai tout de suite accroché. Ça permet de décompresser. J'essaie d'y aller une fois par semaine quand le temps me le permet. Après, je profite de ma famille avec laquelle je multiplie les ballades pour découvrir les charmes de la région. Bref, je me détends.

Par Romain Poujaud et Alexandre Pengloan

 
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