
Après leur courte défaite 72-70 à Moscou concédée mercredi, en Euroligue, les joueuses de Lattes-Montpellier retrouvent le quotidien du championnat. Une compétition où elles sont leaders invaincues en compagnie de Challes-les-Eaux, leur prochain adversaire. Valéry Demory, l’entraîneur héraultais, nous dresse les enjeux de cette rencontre de la 10e journée de LFB.
Valéry, vous revenez de Russie avec une courte défaite dans les valises. Ce fut compliqué de remobiliser votre groupe pour cette rencontre capitale face à Challes ?
Nous sommes rentrés hier (jeudi), donc on ne s’est pas vraiment revu. On rentre de Russie avec beaucoup de regrets. Nous sommes passés tout près de l’exploit, mais on a eu affaire à un arbitrage « maison ». C’est comme ça, c’est dommage. Maintenant, je pense que je n’ai pas besoin de motiver les filles pour jouer ce genre de match. C’est exceptionnel de pouvoir jouer pour la première place du classement. Si en début de saison, on nous avait dit que la lutte pour la première place se jouerait sur cette rencontre, personne ne l’aurait cru. Ce n’est pas les Bourges-Tarbes de ces dernières années. C’est beau. Vivre ce choc du championnat est quelque chose de formidable.
Votre équipe est invaincue en championnat et rivalise avec les cylindrées comme Moscou… Etes-vous surpris par ce rendement ?
Oui, mon équipe me surprend dans le sens où elle arrive, pour le moment, à enchaîner l’Euroligue et le championnat sans trop de problèmes. Je ne sais pas si les gens se rendent compte, mais le calendrier est tout de même très très serré. On est sur un gros rythme, mais pour l’instant on tient la cadence. Je savais que j’avais une qualité d’équipe intéressante. Cette formation est bien construite. Ce qui fait la différence cette saison, ce sont les grosses individualités qui se mettent au service du collectif. Et puis, j’ai la chance d’avoir un groupe au complet, sans blessures particulières.
Avez-vous modifié votre façon de travailler depuis quelques mois ?
Oui, j’ai changé quelques petits détails, j’ai modifié mon fonctionnement. J’essaye surtout de faire jouer mon équipe. J’ai les joueuses pour, donc c’est parfait. Je pense être aussi plus réactif sur l’adaptation de mon équipe au fil du match, sur le changement de rythme et la gestion de l’effort. J’évolue. Et puis, je suis encore un jeune entraîneur ! Cette équipe, c’est un plaisir au quotidien, je progresse en même temps qu’elle.
À vos yeux, quelles seront les clés du match face à Challes-les-Eaux ?
Tout d’abord, je tiens à rappeler que l’on se déplace là-bas avec beaucoup d’humilité. Même si c’est un choc. Challes-les-Eaux a un peu le même profil que nous. Elles veulent la même chose : rester invaincues et finir dans les quatre. Maintenant que tout cela est dit, je vous avoue qu’on va là-bas pour gagner. On ne va pas se cacher ou faire de la langue de bois. Aujourd’hui, l’objectif est de prendre seuls les commandes du championnat. On donne une nouvelle orientation à cette LFB, sans Bourges ni Tarbes. Les clés du match vont résider dans leur capacité à défendre fort sur nos meneuses. Nous, on va chercher à limiter leur tendance à marquer les points intérieurs. Elles sont très fortes là-dessus. Mais ça ne va pas du tout être le même match que face au Spartak. En face, ce ne sera pas la même équipe. J’espère simplement que l’on va pouvoir jouer au basket.
Jusqu’où peut aller votre équipe cette saison ?
Notre ambition, tout le monde le sait, c’est d’être dans les quatre pour décrocher les phases finales. Ça, je pense que nous en sommes capables, on le prouve depuis le début de la saison. On veut aussi rester invaincu le plus longtemps possible, et figurer en haut du tableau. Ce sont les mêmes ambitions que d’autres équipes, et de Challes en particulier. Après, le final four n’est pas une finalité. Je pense qu’il est possible d’aller chercher le titre. A l’heure actuelle, nous sommes leader à la fin du mois de novembre, je vous dis oui : aujourd’hui on peut jouer le titre final. Il s’est passé quelque chose avec la victoire en Coupe de France l’an passé. Challes aussi pointait le bout de son nez. On a un groupe qui évolue bien depuis trois ans, qui est sur la pente ascendante. Je l’avais dit au Président (René Comes) que cette saison, nous étions capable de quelque chose !
Propos recueillis par Victor Guilloteau