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Yvon Breton : « Romain est un vrai funambule »

Sirotti / Icon Sport

Quelques heures après la formidable étape du Tour de France qui a notamment vu Romain Bardet passer tout près d’un authentique exploit, SPORTMAG a redonné la parole à Yvon Breton, le conseiller du directeur général d’AG2R LA MONDIALE, notamment en charge du sponsoring sportif. Entretien…

 

Yvon Breton, après une semaine de compétition, que retenez-vous de ces premiers jours de Tour de France ?

La course a été véritablement lancée ce week-end avec deux étapes redoutables, notamment celle de dimanche. Nous avons fait une course d’équipe remarquable, même si nous ne sommes pas allés au bout. Les garçons ont réussi à positionner Romain dans de bonnes conditions pour les deux prochaines semaines, tout en faisant une très belle remontée au classement général par équipe. Nous sommes deuxièmes, mais la première place est encore largement jouable. Comme je le dis à chaque fois, ce classement par équipe est très important pour nous.

Romain Bardet a fait très forte impression dimanche. Comment l’avez-vous senti ces dernières heures ?

Très bien, j’ai échangé avec lui juste après la course. Il était un petit peu déçu mais je l’ai trouvé bien dans sa tête. Ils sont encore quelques uns à prétendre à la victoire finale, mais ce qui m’a rassuré, c’est que tous les leaders étaient seuls dans la dernière partie de la course. La victoire finale va se jouer d’homme à homme, et à cet exercice, je sais que Romain sera capable de prendre les risques qu’il faudra, tout en les mesurant. Quoi qu’il en soit, et même si nous n’avons pas encore gagné d’étape, je suis très heureux de cette première semaine.

Sa descente du Mont du Chat a été hallucinante. Dans quel état étiez-vous pendant ces quelques minutes ?

Romain est un vrai funambule, il est incroyablement adroit dans cet exercice. J’étais évidemment très stressé en le voyant descendre. Mais il connaissait bien cette descente, il l’avait repérée et descendue pendant le Dauphiné. Les conditions étaient malgré tout légèrement différentes puisque la route était un peu humide, on l’a d’ailleurs vu avec Richie Porte. Sa chute aurait pu être dramatique, j’espère d’ailleurs qu’il se remettra bien. Pour revenir à Romain, c’est vrai qu’à titre personnel, cette descente a été un moment de stress interminable. Mais comme il le dit souvent, c’est dans la nature de Romain de prendre des risques, de faire les choses avec panache. C’est un exercice qu’il maîtrise parfaitement, il s’entraîne à descendre depuis tout petit. Et il trouve même le moyen de se bonifier avec le temps.

> Le résumé de la 9è étape

 

On a d’ailleurs la sensation que les descentes sont de plus en plus propices aux attaques, ce qui pourrait favoriser un expert de l’exercice comme Romain Bardet…

Manifestement, on voit bien que les leaders ne sont pas éloignés, qu’ils se tiennent en peu de temps. C’est clair qu’une avance de quelques secondes en bas d’une côte peut être importante. Je pense que Romain renouvellera l’expérience dans les Pyrénées, et surtout dans les Alpes. C’est un garçon qui tient bien les trois semaines, qui sait gérer ses efforts et s’économiser. Il est même très souvent meilleur dans la dernière semaine. Les Alpes sont un terrain de jeu qui lui convient parfaitement, j’espère que ce sera encore le cas cette saison. Et puis, le dernier contre-la-montre à Marseille pourrait également avoir son importance avec la montée de Notre Dame de la Garde. Les pourcentages seront très élevés, c’est quelque chose qui peut lui convenir en tout cas, plus que le plat de Düsseldorf.

Si Romain Bardet est la grande star de l’équipe, et plus généralement du cyclisme français, ses équipiers font également un boulot formidable…

Exactement. J’étais la semaine dernière sur l’étape de Vittel avec toute l’équipe. Ils sont tous concentrés et motivés à cent pour cent. Il y a une énorme solidarité et une totale confiance de tous les coureurs derrière leur leader. Romain le ressent et cela lui donne évidemment une force supplémentaire, ce qui lui permet de courir beaucoup plus sereinement. Dimanche, ils ont tous fait une superbe course en portant des attaques très tôt et en faisant éclater le peloton. Romain n’a pas pu terminer le boulot avec ces dix derniers kilomètres de plat en solitaire, mais ils ont été énormes. L’équipe a clairement progressé depuis la saison dernière, Vincent Lavenue a créé un groupe parfaitement bâti pour accompagner Romain, et pourquoi pas jusqu’à la victoire finale. En tout cas, j’y crois.

En attaquant dans la descente du Col de la Biche, votre équipe a fait beaucoup de mal au peloton, et notamment à la Sky, qui a perdu Geraint Thomas sur une lourde chute…

Oui, c’est vrai, on a certainement perturbé le peloton avec cette stratégie de course. Après, c’est vraiment dommage de perdre un adversaire dans ces conditions, mais c’est clair que Froome a incontestablement perdu une pièce maîtresse. Le Tour de France est difficile, c’est la loi du sport. J’ai d’ailleurs envoyé un message à Marc Madiot, notre ami et directeur de la FDJ. Après avoir été plus heureux que jamais il y a quelques jours, il perd son leader avec trois de ses coéquipiers. J’étais vraiment malheureux pour eux.

Nous en sommes déjà au tiers du Tour de France. On imagine que vous devez profiter de chaque instant…

C’est vrai que s’il n’y avait pas le Tour de France, ce serait un peu comme un été sans soleil. Il faut profiter de tous les instants. Il y a une vraie communion entre l’équipe, le staff et le sponsor. Tout au long de la course dimanche, j’ai reçu des dizaines et des dizaines d’appels et de messages. Il y a un vrai capital sympathie pour AG2R LA MONDIALE et ses coureurs. C’est très important pour nous.

Propos recueillis par Bérenger Tournier

 

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