Avec un excellent Jonathan Wisniewski ( 14 points) le Racing Métro 92 remporte le derby face au Stade Français, 19-13. Les joueurs de Berbizier font un grand pas vers les phases finales en confortant leur sixième place au Top 14. La saison est presque terminée pour le Stade Français.
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Depuis décembre, le centre de bien-être « Perle et sens » a ouvert dans la ville d'Antony. Pour SPORTMAG, l'intérêt de se pencher sur le lancement de ce nouveau concept (bien-être, spa, salon de coiffure) réside dans le nom de son propriétaire : Jonathan Wisniewski. Le demi d'ouverture du Racing Métro 92 a décidé de partager sa vie entre les terrains de rugby et le soin du corps.
SPORTMAG : Jonathan, peux-tu nous expliquer où nous sommes ?
Jonathan Wisniewski : Dans le centre de bien-être créé par mon amie et moi. Le salon a été ouvert le 3 décembre 2011. C'est un projet que l'on étudie depuis plus d'un an et demi, notamment Christel. Nous avions l'idée, et nous avons beaucoup regardé ce qui se faisait ailleurs. Le but est de s'inspirer de ce qui se fait de mieux, sans copier.
Pourquoi avoir créé ce centre ?
Pour deux raisons. J'ai toujours eu envie de trouver, d'innover, d'investir dans des projets originaux. La seconde raison, c'est que mon amie, Christel, a fait des études d’esthétique, elle connaît parfaitement ce domaine et elle a cette fibre de vouloir faire des choses, d'être patronne. Nous avions envie de lancer cette entreprise et on ne va pas se le cacher, mon salaire de rugbyman a facilité notre projet. En créant ce centre, je me suis rendu compte que cela m'apportait un équilibre. Quand tu es aujourd'hui dans le rugby, ta vie se résume à l'entraînement et aux matches. En semaine, à 15h30, après l'entraînement, tu es dans ton canapé et tu attends le lendemain. Ca va quand tu es dans une période dynamique, mais quand tu es en plein doute, c'est beaucoup plus compliqué. Aujourd'hui, quand je sors du terrain, je mets mon habit de patron, et ça m'apporte un vrai équilibre. Je pense à autre chose, je m'évade.
Quel est le concept ?
L'idée, c'est de pouvoir prendre en charge la personne dès son entrée dans le salon, de A à Z, en termes de beauté, bien-être, relooking et relaxation. Tout peut se faire dans ce centre, dans un cadre sympa, haut de gamme, et avec un bon état d'esprit.
Tu accordais déjà de l'importance au bien-être ?
J'aime beaucoup cet univers. L'esthétique, c'est quelque chose que j'aime bien. Même dans le sport, j'y accorde de l'importance. J'ai toujours aimé regarder les joueurs qui étaient élégants. Je pense que notre salon et son offre sont le meilleur lien que l'on pouvait trouver. Nous avons beaucoup d'échanges, notamment avec Pascal Coste, qui est également derrière ce projet. Se lancer, c'était vraiment quelque chose qui nous tenait à cœur, à mon amie et moi.
Comment s'est passée l'ouverture du salon ? Es-tu satisfait du lancement ?
Cela marche très bien. Nous sommes très contents du démarrage, nous avons des gens qui reviennent et qui testent même les autres prestations. Nous avons déjà des clients fidèles ! Le bouche à oreille est la meilleure promo qui puisse exister.
Tes coéquipiers sont-ils déjà venus ?
Oui, toute l'équipe est venue. Je les ai tannés, étant toujours derrière leur dos, leur disant qu'ils avaient « les cheveux trop longs » ou, dès la vue d'un bouton, « il te faut un soin du visage »... Les trois quarts de l'équipe sont déjà venus, ils ont même accepté de participer à la communication sur les réseaux sociaux. Ils m'ont aidé à bien démarrer. Cela fait vraiment plaisir, car pour eux, qu'ils viennent ici ou ailleurs, ça ne change rien. Cela me touche vraiment.
Parlons un peu de sport. Quel bilan fais-tu de cette fin d'année 2011 ?
Un bilan très bizarre. Nous avons voulu basculer dans un jeu plus ambitieux, et on s'est rendu compte que l'on se faisait contrer. Soit nous avons mis des scores fleuves, soit il y a eu des matches fous comme à Toulouse, mais on n’arrivait pas à trouver le juste équilibre. Il y a eu une grosse remise en question et un gros changement, avec Simon (Mannix) qui a été limogé. Tout cela a fait que le Racing a été tourmenté depuis le début de la saison. Heureusement, l'équipe s'est reprise en main et cela a apporté de la stabilité. Nous avons pris nos responsabilités, nous avons davantage communiqué, et nous avons dit ce que nous voulions faire sur le terrain. L'équipe commence donc à repartir, Gonzalo Quesada amène un peu de fraicheur également. Simon faisait également du bon boulot. Le changement, c'est que nous avons pris nos responsabilités et que nous sommes revenus à un jeu plus classique. Le rugby, c'est d'abord les fondamentaux. Depuis quelques temps, nous avons remis les choses dans l'ordre.
Les objectifs du Racing ont-ils changé ?
Non. L'ambition, c'est d'être dans les six à la fin de la saison. Nous avons passé le plus compliqué, avec deux déplacements à Perpignan et à Montpellier, tout en restant dans les six premiers. Maintenant, notre calendrier va être plus équilibré. Nous avons notre destin en main, à nous d'accrocher des bonus et des victoires à l'extérieur, pour assurer notre place dans les six le plus rapidement possible.
Comment juges-tu ta première partie de saison ?
Je trouve que cela se passe plutôt bien. Je suis assez satisfait. Peut-être que c'est moins éclatant que l'année dernière, où nous étions leaders du classement, mais la période difficile que nous avons connu m'a énormément aidé à grandir. Je crois que j'ai franchi un palier, je prends plus mes responsabilités. Je suis plus impliqué, je l'ai prouvé aux coaches.
Parlons de l'équipe de France. As-tu regardé la première liste de Philippe Saint-André ?
Oui, j'ai regardé. Je n'ai pas eu de contact particulier avec lui. J'ai été un petit peu déçu de ne pas y être, car c'est vrai que ça fait deux, trois saisons que je suis dans les meilleurs buteurs... Maintenant, je ne désespère pas non plus. La priorité, c'est d'être très performant en club, et si demain le Racing revient au sommet, j'aurais ma chance. Aujourd'hui, je travaille, je m'investis, je fais ce qu'il faut pour aller en équipe de France, et j'ai envie d'avoir ma chance.
Regrettes-tu ton forfait sous l'ère Marc Lièvremont lors de ta première convocation chez les Bleus ?
Honnêtement, non. Je ne suis pas du style à vivre au passé, ce qui compte, c'est maintenant. Je sais qu'il y a une nouvelle génération qui arrive, avec un nouveau coach, un nouvel état d'esprit. Lionel Beauxis a fait deux très bons matches juste avant l'annonce. Il a fait les matches qu'il fallait, quand il fallait... Le chemin est long, il peut y avoir encore beaucoup de changements. Gonzalo (Quesada, entraîneur des arrières du Racing, ndlr) me disait que l'ouvreur qui débutait le Tournoi des VI Nations n'était jamais celui qui le finissait. Donc je ne désespère pas, et je continue à travailler.
Que dois-tu améliorer ?
Moi, ce qui m'intéresse surtout en 10, c'est cette faculté à bien jouer pour les autres, et à réussir sur un geste à remettre les choses en place quand tu sens que cela part un peu dans le mauvais sens. Je dois plus travailler sur cet aspect-là, le fait d'être décisif pour mon équipe, plutôt que de me dire je vais perdre tant de kilos, je vais soulever tant à la musculation... Je vois plus mon poste dans cette notion d'avoir du recul sur le match, et d'aider au bon moment mes coéquipiers. J'en parle beaucoup avec Gonzalo, qui partage la même vision du poste. C'est agréable d'échanger avec lui.
Un dernier mot sur le projet de stade, l'Arena 92. Qu'en penses-tu ?
Cela me ferait mal au cœur de ne pas voir ce stade. J'étais là quand, en 2006, nous avons reçu Lyon et qu'il y avait 600 personnes dans les tribunes ! J'ai connu le démarrage de ce projet, nous sommes à deux ans de l'arrivée de ce stade, donc s'il n'y pas de retard dans les travaux, mon contrat me permettra d'y évoluer avec le Racing. J'y ai connu mes plus grandes joies et mes plus grosses déceptions, et pas seulement en tant que sportif. Je connais le Racing mieux que personne, c'est mon club.