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« L’Equipe de France, un projet à accomplir »

Bellenger / Lecocq / IS / FFBB

À bientôt 24 ans, la jeune pivot du Lyon Basket Féminin (LBF) a déjà pas mal bourlingué et attend un déclic mental pour retrouver son niveau. En attendant, elle raconte comment elle assume complètement son physique atypique (1,93 m).

 

Christelle Diallo, comment se passe votre saison et celle du LBF ?

Dans les deux cas, c’est compliqué. On n’est pas à notre place au classement (11e sur 12). On a l’un des meilleurs secteurs intérieurs, on a de très bonnes joueuses en extérieur, mais on a du mal cette saison. On a pourtant réalisé un très bon début, mais on a peut-être démarré trop fort. Surtout, on ne joue plus aussi collectif qu’au début. Mais je ne m’inquiète pas pour notre maintien en fin de saison. Avec le nouveau système des Play-Down, je me dis qu’il n’est pas possible que le LBF soit relégué.

Et à titre personnel ?

Cela avait bien commencé aussi, mais là, je ne suis pas à mon niveau. Je le sais, et cela me frustre beaucoup. C’est la saison qui aurait dû me permettre d’éclore, mais ce n’est pas du tout le cas. Donc, je remets beaucoup de choses en cause, je me pose beaucoup de questions. Je sais que je dois être plus régulière et que c’est en travaillant que je vais progresser. Même si, parfois, j’ai le sentiment d’avoir, au contraire, régressé.

Comment avez-vous commencé le basket ?

Mon père, Amadou, originaire de Côte d’Ivoire, est venu en France pour jouer au basket. Il ne voulait vraiment pas que j’en fasse ; j’ai donc commencé par le tennis à Marne-La vallée, mais j’ai vite arrêté. J’ai suivi les copines au basket. J’étais déjà grande à l’époque (1,75 m à 12 ans, mon père mesure 2,03 m) et je faisais un gros complexe. On disait « le basket, cela fait grandir », donc je n’avais pas envie de pratiquer ce sport (rires).

Comment votre regard a-t-il changé ?

Au fil du temps, j’ai bien aimé l’ambiance dans le club. Mathias Ona Embo (entraîneur) était un peu mon mentor. Malgré mon sale caractère, il m’a poussée. C’est grâce à lui que je suis là. Ensuite, j’ai intégré le pôle d’Ile de France, puis l’INSEP, avant de rejoindre Bourges, à 18 ans, où j’ai vécu deux saisons pas faciles malgré les deux titres de champions de France (en 2012 et 2013). À Marne, je n’étais pas la princesse, loin de là, mais j’étais à l’aise et j’avais un rôle important. À Bourges, il y avait Emmeline Ndongue, Mwal-Ndéné Miyem ou Jennifer Digbeu à mon poste. J’étais trop impatiente, toujours pressée, et cela m’a mis quelques bâtons dans les roues. Je suis arrivée trop jeune à Bourges. Mais j’avais besoin de jouer, c’est pour cela que j’ai rejoint Nice. Je me suis éclatée une saison, j’ai joué sans me poser de questions, mais on est descendues en ligue 2, et c’est là que j’ai décidé de venir à Lyon.

Comment gérez-vous votre physique atypique ?

Être une joueuse grande, costaude et qui court, c’est apparemment rare dans le milieu. C’est un plus pour moi, mais je voudrais bien sortir de l’étiquette « potentiel » que l’on m’attribue depuis plusieurs années, depuis que j’ai 16 ans en fait. J’aimerais faire en sorte de passer le cap. Pour cela, il faut que je travaille. Même si mon problème est plus mental, je sais qu’il y a un petit blocage et je travaille avec un préparateur mental une à deux fois par semaine. Physiquement et techniquement, ça va. Une fois que j’aurai passé ce cap mental, je serai plus régulière et constante sur le parquet.

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