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Johan Petro, qui évolue depuis le début de la saison dans le club chinois des Zhejiang Guangsha Lions est poussé vers la sortie. La raison : le règlement. Celui-ci n'autorisant que deux étrangers par équipe, Johan Petro devrait être sacrifié au profit du nouvel arrivant, l'Américain Chris Jonhson. Le début de saison du champion d'Europe en titre avait pourtant bien commencé avec deux belles prestations dès son arrivée (17.5 pts et 15.5 rebonds). Mais l'ancien Palois a connu une baisse de régime par la suite, au point de remettre en cause son statut dans l'équipe. A 8000km de la France il a choisi SPORTMAG pour une interview exclusive. Il nous éclaire sur sa situation en Chine, son avenir et ses attentes.

Explique-nous ta situation actuelle en Chine...

C'est une situation assez compliquée maintenant. Tout a très bien commencé pour moi, j'étais ravi de pouvoir vivre une nouvelle aventure et de nouvelles expériences dans un championnat différent. J'ai eu une augmentation de temps de jeu importante, mais je n'ai pas su maintenir le rythme. J'ai eu quelques soucis au niveau physique, notamment avec des douleurs au dos, ce qui a freiné mes performances et ma progression. Et en Chine, ça ne pardonne pas, il suffit d'une baisse de régime, un ou deux matches moyens et on est remplacé. Le staff voulait que je sois un joueur qui tourne avec des grosses statistiques, environ 20 points, 15 rebonds par match. Je n'ai pas réussi, donc ils m'ont remercié tout simplement.

Comment as-tu vécu ce limogeage ?

Forcément pas très bien, mais il ne faut pas baisser les bras, sans échec on n'avance pas dans la vie. Alors je relativise et je vois plus loin. Je veux me reconcentrer sur l'avenir sans perdre de temps.

Comment vois-tu le reste de ta saison ?

J'espère pouvoir rentrer le plus vite possible, faire un break et soigner mon dos. Je veux être prêt pour les échéances de l'été 2014, à savoir les championnats du Monde à Madrid. Donc ma mission première est de réparer ce qui a été la cause de ma mise à pied : mon dos.

Comment vois-tu le reste de ta carrière à plus long terme ?

Pour l'instant, je me focalise sur ma guérison. C'est le plus important. Le long terme, je n'y pense pas trop. Vous savez, lorsqu'on est jeune, on croit que les blessures n'arrivent qu'aux autres... Mais avec le temps et l'expérience, je prends conscience et je réalise chaque jour à quel point mon corps est important et que je dois le préserver. J'ai négligé un problème aux lombaires et ça m'empêche aujourd'hui d'évoluer au niveau auquel je voudrais évoluer. Mais je me soigne. Maintenant je sais que si je veux jouer minimum encore 5 ans à haut niveau, je dois écouter mon corps et en prendre soin.

Parlons un peu de l'équipe de France... comment te sens tu au sein du collectif ?

Bien, vraiment bien. J'ai trouvé ma place tout de suite dans cette équipe. Ce n'est pas donné à tout le monde de faire partie du groupe France qui a accompli ce qu'on a fait. Ça n'aurait pas pu être possible s'il y avait eu une mauvaise ambiance dans la Team. On fait quelque chose d'historique, ça a renforcé nos liens.

Revenons un peu sur votre formidable médaille aux championnats d'Europe...Comment as-tu vécu « l'après » championnat ?

Vraiment bien, je suis fier de ce que le collectif a accompli. Personnellement je suis satisfait de mon championnat, je suis arrivé par la petite porte pour sortir par la grande. Montrer ce que je savais faire et ne pas décevoir aux instants décisifs c'était le plus important pour moi. J'ai vu l'engouement des Français après la médaille et franchement, ça fait chaud au cœur. On a montré une belle équipe de France, qui est allée au bout de ces objectifs. La médaille c'est la consécration.

Comment vis-tu la concurrence avec les autres joueurs qui jouent a ton poste au sein de l'équipe de France ?

La concurrence c'est toujours bon, ça pousse à se dépasser. C'est une bonne pression. Mais à partir du moment où le collectif des joueurs sélectionnés est connu, il n'y a plus de concurrence mais une équipe qui a le même but et motivée par un point commun : monter sur la plus haute marche du podium.

Quelles sont tes relations avec Vincent Collet, le sélectionneur de l'équipe de France ?

C'est simple, je suis champion d'Europe grâce à lui. Il savait pour mon dos bien avant la compétition, mais il m'a donné ma chance et m'a fait confiance. Je lui dois ma médaille.

Maintenant, une question que tous les passionnés de basket français se posent : penses-tu revenir jouer en France ?

Bien sûr... C'est là où j'ai commencé et où j'aimerais finir. Quand je vois ce que le basket français apporte à mon coéquipier d'équipe de France Alexis Ajinca, confiance et expérience, je me dis que ça m'aiderait vachement, surtout dans la situation dans laquelle je suis cette saison.

As-tu des pistes pour des clubs ?

J'ai des pistes ou plutôt j'avais des pistes. Mais le club chinois ne veut pas me libérer. Ils veulent me garder sous la main « au cas où ». C'est pas plus mal, ça me laisse le temps de soigner mes petits pépins physique mais je continue de m'entraîner pour rester en forme.

 

Propos recueillis par Jessika Guehaseim